Un graphique boursier mettant en évidence les lignes de tendance, niveaux de support et résistance

Un marché désormais assaini de ses « mains faibles » ?

ANALYSE GRAPHIQUE

✍️ Par Mustapha GHAILANE

A force de voir les séances baissières succéder aux séances baissières, les nerfs les plus fragiles ont fini par craquer et faire comme d’habitude, vendre au plus mauvais moment ! En Bourse comme à la guerre, cela porte un nom : la capitulation. La baisse est allée vite, trop vite et au-delà du niveau théorique évoqué dans l’analyse précédente et suggérée par la théorie derrière la figure baissière de « Tête et épaules ». Elle suggérait un point bas autour de 6.100 points, mais il fut finalement beaucoup plus bas à 5.756 points, probablement le résultat de liquidations de positions spéculatives forcées et exécutées en même temps par les intermédiaires. Sur le plan psychologique, l’émotion était à son comble alors que Poutine agitait la menace potentielle d’avoir recours à l’arme atomique à tout moment. En revanche, on n’a vu rien de semblable sur les marchés américains qui se sont tous maintenus au-dessus de leurs points bas du 24 février, la date d’invasion de l’Ukraine par la Russie. A la Bourse de Paris et à Francfort, les indices Cac 40 et Dax 40 sont allés beaucoup plus bas avec un nouveau creux très profond le 7 mars qui avait d’ailleurs des allures de krach boursier.

Outre la proximité géographique de la zone du conflit et la forte dépendance au gaz russe, il faut compter avec le fait qu’en période de crise les capitaux ont tendance à se rapatrier vers leurs pays d’origine. Comme les fonds de pension et les grands institutionnels américains sont majoritairement présents dans l’actionnariat des grands groupes du vieux continent, et particulièrement en France, l’effet vendeur cumulé a fait des ravages. Les valeurs bancaires et celles du secteur du luxe qui avaient propulsé le 5 janvier l’indice Cac 40 au niveau démentiel de 7.400 points ont eu l’effet contraire cette fois-ci en amplifiant la baisse dans leurs sillages. Les grandes banques françaises ont été particulièrement chahutées malgré leurs énormes dividendes 2021, sensés servir d’amortisseur en cas de forte baisse des marchés. Malgré l’énorme rebond de la séance de ce mercredi (au moment où j’écris cette analyse), le terrain perdu reste énorme par rapport à leurs pics respectifs du 10 févier. Espérons juste que ces attaques brutales et massives de la spéculation institutionnelle anglo-saxonne sur les titres bancaires français ne soient pas suscitées par des problèmes sous-jacents non encore portés à la connaissance de l’investisseur ordinaire.

Car, de cela va dépendre grandement l’évolution future de la Bourse de Paris et particulièrement celle du Cac 40 qui est tellement dépendant de ses valeurs bancaires. Sur le plan technique, l‘indice Cac 40 a donc touché un point bas à 5.756 points avant de rebondit très fortement ce mercredi. Une bonne partie du rebond est dû aux cours anormalement bas sur de nombreuses grandes valeurs de la côte qui sont probablement le fruit de ces fameuses « capitulations » des « mains tremblantes » et aussi la liquidation des comptes de spéculation à crédit en manque de couverture suffisante après de lourdes pertes subies. Du coup, les vendeurs se sont raréfiés à ces niveaux de cours très bas, une fois les « mais faibles » liquidées ou auto-liquidées. Graphiquement, l’indice Cac 40 tente de réintégrer son canal haussier majeur dont il avait cassé la ligne de support passant autour de 6.250 points au cours de la séance fortement baissière du 4 mars.

Pour mémoire, cela représente tout de même un signal majeur indiquant la fin du grand marché haussier post-Covid-19. Pour le moment, la baisse a juste effacé les excès haussiers commis à partir de mars 2021 lorsque les indices repassaient au-dessus des plus hauts annuels des années d’avant crise sanitaire. A court terme, il est très difficile de tenter de prévoir jusqu’où le rebond actuel serait susceptible de se prolonger, tellement il y a une volatilité énorme, très propice à la manipulation des marchés par les très gros intervenants. Certains sont néanmoins échaudés par la crise Ukrainienne qu’ils n’avaient pas prévu alors qu’ils étaient embarqués dans des opérations d’achats gigantesques et donc de probables pertes gigantesques. Techniquement, la formation du canal baissier secondaire pourrait suggérer un point haut du rebond au contact de sa ligne de résistance passant actuellement autour de 6.600 points.

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