Une entreprise sud-coréenne souhaite implanter cinq éoliennes...

LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Pascal Devars, maire de Champagne et Fontaine (Dordogne) : « Si le prix d’achat n’était pas assuré par l’État, je ne vois pas comment cela serait rentable. »

Une entreprise sud-coréenne souhaite implanter cinq éoliennes près du village de Champagne-et-Fontaine, en Dordogne. Ce n’est guère du goût du maire, Pascal Devars, qui relaie le mécontentement des habitants. Ce projet ne date pas d’hier, puisqu’il avait été initié en 2014 par la société britannique RES, puis il a été repris par le géant de l’immobilier sud-coréen Hanwha. Pascal Devars a tenté en vain d’établir un dialogue avec l’entreprise. Il fait part de son étonnement, car l’avenir de sa commune est entre les mains d’une société installée à 10 000 kilomètres. Le maire souligne aussi que son village vit surtout du tourisme et que les éoliennes viendraient nuire à son authenticité. Pascal Devars demande donc au directeur de Hanwha d’annuler ce projet, qui constitue « un non-sens démocratique, patrimonial et environnemental ».


L’Hebdo-Bourseplus : Quel est l’historique de ce projet d’éoliennes ?

Pascal Devars : Il y a tout un historique, effectivement, puisque c’est un parc éolien qui est en projet depuis une dizaine d’années. Mais rien n’est fait pour l’instant. Il faut savoir qu’il faut environ huit ans en moyenne pour développer un projet éolien. À l’époque, les gens étaient pour les éoliennes, parce que les trois quarts des gens voyaient uniquement les retombées économiques. Au début, on nous a expliqué que la commune allait avoir des retombées, mais c’est totalement faux, puisque c’est la communauté de communes qui reçoit les gains. Maintenant, l’opinion publique a évolué. Je me suis fait mon opinion il y a quelque temps, lorsque j’ai commencé à m’intéresser à ce dossier, et je me suis aperçu que c’était assez spécial. Les sociétés étrangères sont intéressées, parce que la France est le seul pays à avoir pris du retard dans le domaine des énergies renouvelables et, surtout, parce qu’elle garantit un prix d’achat sur plusieurs années.


Avez-vous pu contacter la société sud-coréenne ?

Oui, nous avons tenté de la contacter, mais nous n’avons pas eu de réponse. J’ai fait un courrier au futur propriétaire coréen, parce qu’il faut savoir qu’à l’origine c’était une société anglaise. Elle vient de vendre ses parts à une société coréenne pour l’exploitation du territoire français. On est toujours inquiet parce que, dans ce domaine, l’État fait ce qu’il veut. Cependant, les choses changent. Les gens sont de plus en plus mécontents. Dans certains endroits, on commence même à démonter les éoliennes et les préfets regardent ces projets sous un autre angle. Si l'on va vraiment au fond du dossier, nous sommes une région où il y a très peu de vent et les éoliennes ne fonctionnent qu’à seulement 18 % du temps. On ne sait pas où est la rentabilité… Si le prix d’achat n’était pas assuré par l’État, je ne vois pas comment cela serait rentable.

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