Suicide de Jean-Luc Brunel : l’affaire Epstein est loin d’être terminée.
LITTÉRATURE
Le principal mis en cause en France dans la tentaculaire affaire Epstein n’est plus : Jean-Luc Brunel, 75 ans, a été retrouvé mort pendu dans sa cellule de la prison de la Santé à Paris, dans la nuit du vendredi 18 au samedi 19 février. Pour Pierre Jovanovic, l’affaire Epstein est loin d’être terminée et il nous en parle. En effet, directeur littéraire des Éditions du Jardin des Livres, il a racheté les droits de l'ouvrage publié aux États-Unis sur l’affaire Epstein et il publie la version française de cette enquête. Dans ce livre, Dylan Howard, Melissa Cronin et James Robertson révèlent les dessous de la vie dissolue du milliardaire Jeffrey Epstein, confident de Bill Clinton, qui a piégé, pendant vingt ans, pour le compte des services israéliens, des milliers de députés, sénateurs, hommes d’affaires, journalistes, stars de cinéma, scientifiques de renom, recteurs et doyens d’universités, premiers ministres, princes et princesses (dont le prince Andrew) et même des présidents avec son réseau de prostitution de jeunes filles.
Les circonstances du décès de Jean-Luc Brunel amènent Pierre Jovanovic à s’interroger : « À la mort d’Epstein, il s’est passé quelque chose d’inouï. Le médecin légiste américain de permanence, à la morgue de New York, a été remercié à six heures du matin et ils ont fait venir spécialement un ancien médecin légiste, celui qui avait validé le cadavre de l’ancien président Kennedy après son assassinat, quand il était jeune. C’est complètement fou. Pour Brunel, nous avons été très nombreux à décompter les jours sur les réseaux sociaux avant le suicide de ce monsieur. Comme par hasard, les caméras ne fonctionnaient pas… Il y a eu des ordres qui sont venus du plus haut de l’État français pour mettre Monsieur Brunel à l’ombre. Personne ne savait où il était. Le premier juge a reçu une promotion, il y a eu un silence radio total sur cette affaire. Pourtant, dès qu’il y a une affaire sordide, on en fait des tartines. Dans ce cas, on est dans une immense affaire de prostitution de mineurs et il n’y a pas un mot dans les médias. Regardez bien la date de son suicide aussi : par expérience, j’observe que les multinationales et les banques licencient les gens avant Noël ou au moment des vacances, pour bien passer sous les radars, et vous avez Monsieur Brunel, dans une cellule VIP de la prison de la Santé, qui se suicide comme par hasard la veille d’un week-end et de départs en vacances... C’est une combinaison qui permet de faire passer cette information sous les radars. On est exactement dans la même configuration que pour le suicide de Monsieur Epstein ».
Pierre Jovanovic rappelle qu’il s’agissait d’une grosse opération menée par la CIA, le FBI et le Mossad : « Il y avait une centaine de caméras dissimulées dans toutes les propriétés de Monsieur Epstein, toujours dans des endroits discrets, et des centaines de personnalités ont été filmées. C’est grâce à cela que la CIA tient le gouvernement britannique et qu’ils exercent un chantage pour récupérer Julien Assange. On est au cœur de la géopolitique mondiale. Assange est gravement malade et les Américains maintiennent la pression sur la Grande-Bretagne en menaçant de balancer des vidéos du Prince Andrew avec Virginia Roberts. D’ailleurs, le Prince Andrew a été obligé de payer Madame Roberts pour clore cette affaire qui a éclaboussé la royauté britannique. »
Contrairement à ce que peuvent penser certains, le suicide de Jean-Luc Brunel n’a pas pour effet d'enterrer cette affaire : « Il y a d’autres procès en cours. Prenez, par exemple, le procès de Ghislaine Maxwell, comparez-le au procès de Dominique Strauss-Kahn, cela devient très intéressant. On voit que le gouvernement américain protège totalement Ghislaine Maxwell. Puisque les caméras ont été interdites au tribunal, les gens ont simplement pu faire des dessins et, techniquement, personne ne sait si c’est véritablement Ghislaine Maxwell qui est là. Ce qui est plus intéressant, c’est que la juge américaine a interdit de rendre les pièces à conviction, dont le fameux carnet Hermès qui était fourni en numéros de téléphone, avec des noms prestigieux, et qui était deux à trois fois plus important que le fameux carnet noir d’Epstein. Tous ceux qui ont un pouvoir quelconque se trouvent dans ce carnet. Il y a surtout les ultra-riches, parce qu’il ne faut pas oublier que c’était un moyen de faire chanter des gens grâce à ces vidéos. Dans les dîners parisiens, il y avait des jeunes femmes de 17 ans avec des grands patrons. Jean-Luc Brunel faisait exactement ce que faisait Epstein aux États-Unis. On peut dire que le réseau français était particulièrement actif. Je précise que dès que la mort d’Epstein a été connue, son appartement a été vidé et l'on ne sait absolument pas par qui. » Pierre Jovanovic affirme que les vidéos des personnalités piégées sont toujours entre les mains des agences de renseignement : « Le scandale Epstein était tellement énorme que Leon Black, le patron d’Apollo management, l’organisme qui gère les cotisations retraite des agents de la CIA, est tombé. À sa sortie de prison, Epstein a reçu un virement de 120 millions et un autre de 80 millions de dollars. Cela montre bien à quel point il tenait les gens. Le PDG de la Barclays Bank en Grande-Bretagne était également impliqué dans le scandale, puisqu’il faisait des virements réguliers à Epstein. Je pense qu’il y a des milliers de journalistes, de PDG et d’hommes politiques qui sont pris dans les filets de cette opération. C’est absolument monstrueux, parce qu’elle est toujours en cours. Par exemple, il y a Bill Gates : quand sa femme a découvert qu’il avait pris l’avion de Jeffrey Epstein plusieurs fois après sa sortie de prison, elle a compris qu’il ne montait pas dans l’avion pour jouer à la belote... Bill Gates, Leon Black, Jeffrey Epstein et Lawrence Summers, ancien ministre des Finances des États-Unis, patron des investissements de l’université de Harvard, travaillaient tous ensemble dans des associations bidons qui servaient à payer Epstein dans les années 90. Cela veut dire qu’ils ont au moins trente années de vidéos d’hommes politiques. C’est un peu comme la vidéo qui vient de sortir d’Harvard avec Klaus Schwab, le patron de Davos, qui se vante d’avoir des taupes dans tous les gouvernements. C’est une opération qui est toujours en cours et l’officier traitant de toute cette opération est Ehud Barak, ancien patron du Mossad. N’oublions pas que Ghislaine Maxwell est la fille de Robert Maxwell, qui est malencontreusement tombé de son bateau et qui a eu droit à un enterrement militaire en Israël. Les officiels ont dit : « Il a rendu des services tels à Israël que l’on ne peut même pas en parler ». Le Mossad est impliqué dans cette affaire avec la complicité des Américains. »
« L’affaire Epstein » de Dylan Howard, Melissa Cronin et James Robertson est publié aux Éditions Jardin des Livres.
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