Un graphique boursier mettant en évidence les lignes de tendance, niveaux de support et résistance

La cassure de 6.750 points acte l’entrée dans un cycle baissier majeur

ANALYSE GRAPHIQUE

✍️ Par Mustapha GHAILANE

La cassure de la ligne de soutien majeure de 6.750 points intervenue en séance du mardi 22 février a déjà marqué la fin de la phase de « latéralisation » évoquée dans mon analyse de la semaine dernière. Ce canal horizontal est ainsi cassé à la baisse nonobstant les nombreuses tentatives des gros intervenants de sauver la situation au forceps. Le mouvement de foule est devenu trop fort pour que la digue tienne, avec la situation de stress extrême causée par la crise militaire et géopolitique en Ukraine. Les médias génériques se sont emparés du sujet pour le faire tourner en boucles à longueur de journée car les évènements anxiogènes génèrent toujours beaucoup d’audience et donc de rentrées publicitaires. A force, cela a tendance par finir par faire craquer l’investisseur ordinaire et le spéculateur non expérimenté ou imprudent qui a suracheté le marché auparavant. C’est bien pour cela qu’il ne faut jamais trop s’exposer dans un marché trop cher même s’il continue de monter mois après mois, car il n’est plus à l’abri du moindre coup de vent.

La crise actuelle n’était pas attendue par les marchés, comme d’ailleurs toutes les crises précédentes. Mais comme elle arrive dans un marché extrêmement fragilisé à la fois par des capitalisations stratosphériques mais également par le retournement du cycle majeur des politiques monétaires dicté par une trop forte résurgence de l’inflation et des menaces sérieuses de surchauffe économique outre-Atlantique, elle fait plus facilement plier les marchés. Il est utile de rappeler que cela fait de nombreux mois que la papier change de propriétaire, en passant des « mains fortes » vers les « mains faibles ». Cela compte beaucoup dans le degré de fragilisation générale des places boursières. Les Banques Centrales auraient dû refroidir les ardeurs des spéculateurs depuis longtemps pour tenter de garder des marchés raisonnablement valorisés. Aujourd’hui, il y a beaucoup trop de monde qui s’est engagé sur les marchés, les cryptomonnaies et des tas de produits financiers et dérivés sans valeur intrinsèque pour éviter une nouvelle crise financière majeure. Cela est d’autant plus délicat que les Etats eux-mêmes et les Banques Centrales se sont engagés dans des courses au surendettement pour finalement placer les marchés boursiers sur des orbites artificielles sur lesquelles elles ne pourraient rester indéfiniment par la seule récurrence des résultats des sociétés sur la durée. Les excellents bénéfices actuels des grands groupes sont exceptionnels par le concours de circonstances très favorables de l’association de taux négatifs, une forte reprise post-Covid et les plans de soutien étatiques drastiques sans oublier les auto-rachats de titres par les mastodontes du numérique aux trésoreries abondantes.

La relation de base résultats-capitalisation boursière a été remplacée pendant trop longtemps par les éléments artificiels et non durables ci-dessus. Sur le plan technique, une figue de retournement baissière majeure en forme de « tête et épaules » s’est formée sur le Cac 40 avec une « ligne de cou » située autour des actuels 6.750 points. Au moment où j’écris cette analyse (mercredi soir), le contrat « Future » sur l’indice Cac 40 vient de confirmer cette cassure, elle est par conséquent définitivement validée avec un premier potentiel de baisse évalué vers 6.400 points. La phase baissière actuelle semble pour le moment se dérouler dans ce nouveau canal baissier dont la ligne de support passe actuellement autour de 6.600 points. Devant le fait accompli, l’enjeu désormais pour les gros intervenants va consister à accompagner le reflux des marchés dans le plus de calme possible afin d’éviter tout mouvement de panique des foules. Ce nouveau canal baissier parait tout à fait approprié pour les circonstances. Toutefois, le danger pourrait encore venir du Nasdaq qui est encore fortement surévalué malgré sa grosse correction déjà acquise puis également des cryptomonnaies sur lesquels la petite spéculation est venue s’empaler à prix d’or le nez au vent sans savoir où elle met vraiment les pieds. Pour résumer la situation, les marchés boursiers sont entrés dans une phase baissière majeure susceptible de durer plusieurs mois au minimum.

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