France : état des lieux avant élection (2/2)
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 25 février 2022 (numéro 1.127) : “ Inflation : la grande distribution et ses anciennes amours ”. Bonne lecture !!!
La Cour des comptes vient, cette semaine, de publier un nouvel avertissement concernant les Finances publiques et les perspectives qui sont les siennes, à l’occasion de l’élection présidentielle et, très souvent, de promesses inconsidérées. Selon les magistrats financiers, le prochain gouvernement devra définir une trajectoire de réduction du déficit et de la dette publique beaucoup plus ambitieuse qu’actuellement. Il convient d’éviter que l’écart avec les autres pays de la zone euro en termes de situation des Finances publiques ne s’accentue davantage. Malheureusement, déplore la cour présidée par M. Moscovici, « près de deux ans après le début de la crise, la France fait partie des pays de la zone euro dont la situation des Finances publiques s’est la plus dégradée ». Je le disais, c’est désormais confirmé, noir sur blanc.
En introduction de son rapport annuel, la cour donne son analyse de la situation des Finances publiques. Avec un ratio de dette publique qui est monté désormais à plus de 115 % du PIB et un déficit qui est attendu autour de 5 % du PIB en 2022, la France figure parmi les pays européens dont les comptes publics sont les plus dégradés. Cela affecte « la soutenabilité de la dette française », pour reprendre l’expression de l’introduction du rapport annuel de la Cour des comptes. Pierre Moscovici a donné un coup de tampon en accord avec les différentes mesures qui ont été prises par le gouvernement « quoi qu’il en coûte », désormais, la porte est fermée. La cour estime que le futur exécutif issu des élections présidentielles et législatives du printemps va être obligé d’adopter une trajectoire de redressement plus affirmé que celle actuellement envisagée, ne reposant pas uniquement sur la maîtrise de la dépense publique.
Si l’on traduit, la matraque fiscale va tomber, à plusieurs reprises, sur plusieurs catégories de gens. La cour ne parle pas de la remontée des taux d’intérêt, mais elle estime qu’il faudra faire pour 9 milliards d’euros d’économies supplémentaires chaque année. Y a qu’à, faut qu’on ! En seule ligne de perspective, la cour cite le système des retraites, l’Assurance maladie, la politique de l’Emploi, les minima sociaux et la politique du logement. Je pense que je vais envoyer, pour qu’ils soient mieux informés, mon programme complet pour l’élection présidentielle, à Pierre Moscovici, qui n’en a visiblement pas eu connaissance. La cour n’est pas seule. Le Fonds monétaire international (FMI), a invité la France, en janvier dernier, à engager dès 2023 le redressement de ses Finances publiques. On montre le bâton, et on ne tardera pas à l’utiliser. Quand on regarde de façon détaillée les précédentes estimations qui avaient été données par la Cour des comptes, à la fin de l’année 2021, on s’aperçoit qu’il y a davantage de diagnostics que dans cette préface.
Agriculture : 20 milliards € en question.
Pour ce qui concerne la transition agroécologique, la cour estime qu’il y a des gaspillages. Depuis les années 1960, la France a mis en place un modèle agricole qui est aujourd’hui remis en cause par les engagements nationaux et européens en matière environnementale. La dépense publique destinée à l’agriculture française se monte à 22 milliards d’euros annuellement dont 9,4 milliards au titre de la PAC (Politique agricole commune). Pour ce qui concerne le monde rural, c’est beaucoup de paperasse, et, de loin, on préférerait des prix d’achat des matières premières plus élevés, mieux rémunérateurs, correspondant à la masse de travail qui est effectuée. La Cour des comptes a souligné par exemple que la France a pris du retard sur le développement de l’agriculture biologique, ne lui consacrant, fin 2020, que 9,5 % de sa surface agricole utile alors que le plan « Ambition Bio 2022 » visait entre 15 et 18 % en 2027. Il est un fait, beaucoup de produits « bio » sont importés. Il y aura du travail à faire, il est vraisemblable que le prochain gouvernement cherchera essentiellement à réaliser des économies, plus qu’à valoriser les pratiques davantage respectueuses de l’environnement. Dans son diagnostic de décembre dernier, la cour a pointé également les problèmes de notre industrie.
Validez le formulaire ci-dessous
Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.
Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.