Râ… râle !

LITTÉRATURE

✍️ Par Yannick URRIEN

La parabole, ou la fable, utilisée pour transmettre une leçon, une morale, un enseignement, voilà un genre littéraire qui n’est plus guère pratiqué. En vers ou en prose, elle eut pourtant son heure de gloire. Depuis Ésope, cette forme d'expression est destinée à nous délivrer un message fort. Celui de Bernard Gantois, dans Râ… râle, se veut une fable écologique administrée aux hommes par le dieu soleil Râ. « Pour résoudre un petit problème calorifique parfaitement naturel, mais dont ils s’attribuent stupidement la responsabilité », les hommes (« les bipèdes » dans le récit) « se préparent à mettre en place les moyens techniques de leur propre extinction ». Vous l’aurez compris, ce court texte est le pamphlet d’un climatosceptique, livré sous la forme d’une fable. Bernard Gantois est polytechnicien et ingénieur civil des Ponts et Chaussées. Il a effectué toute sa carrière au service de la RATP. Il est l’auteur d’une Lettre ouverte au pape François publiée aux Éditions de Chiré en 2017 et de La Saga des Louis. Évidemment, les propos de Bernard Gantois n'engagent pas la rédaction de l'Hebdo-Bourseplus, qui ouvre ses colonnes à toutes les opinions en toute liberté.

Alors, nous lui avons demandé pourquoi il a voulu écrire cette fable : « Une fable présente plusieurs caractéristiques. La première, c’est d’être une œuvre d’imagination pure. La deuxième, c’est qu’elle est quand même basée sur des éléments réels : même dans Les Fables de La Fontaine, il y a toujours un élément réel. La troisième caractéristique est plus technique, une fable ne doit pas être trop longue. Le but d’une fable est de donner un coup de poing dans le mental et l'on explique ce que l’on veut dire d’une manière compacte, courte et efficace. Je m’attaque à cet immense bobard qu’est le réchauffement climatique dû au CO2. J’ai lu le livre de Pascal Bernardin, L’Empire écologique, qui date de 1998, où il expliquait déjà, il y a 24 ans, que cette histoire du réchauffement climatique visait à faire progresser l’idée du mondialisme et à faire raquer le plus d’argent possible à ceux qui ne comprennent rien. Ce livre fait plus de 600 pages.

Aujourd’hui, Christian Gerondeau dit à peu près la même chose dans son dernier livre, La religion écologiste. Donc, je n’ai pas voulu écrire un livre supplémentaire et j’ai choisi l’humour pour traiter de ce sujet. J’ai personnalisé le soleil et j’ai expliqué la manière dont il piquait une crise de colère, alors que sur Terre on pensait que c’était les pots d’échappement des Twingo qui faisaient chauffer la planète. Toute cette histoire a été montée dans les années 70. La première réunion de l’ONU sur le réchauffement climatique s’est déroulée en 1972 à Stockholm. Il y a eu 20 ans de pause, le temps de formater l’esprit des gens. Et, depuis Kyoto, on a chaque année une COP pour regrouper tous les fanatiques du réchauffement climatique. Maintenant, dans ma fable, j’explique que quand cette connerie finira, la planète ira beaucoup mieux. »

Bernard Gantois aborde un domaine très délicat, car on est très vite ostracisé : « Si vous dites des choses qui ne sont pas conformes à la doxa, vous avez peu de chances de passer sur TF1. Le but d’un livre, à l’époque du numérique, c’est d’avoir quand même une trace durable. Un livre physique aura toujours une pérennité informatique, mais en existant sous la forme d’un livre, c’est déjà beaucoup plus facile à lire. En plus, la durée de vie d’un livre est plus importante. » Selon lui, « c’est une hystérie qui, comme toutes les œuvres de traitement social, a de longues racines. Cette histoire est née dans les années 60 quand Monsieur Rockfeller a eu l’idée d’utiliser le réchauffement climatique pour atteindre deux objectifs : gagner de l’argent et faire un grand pas en avant vers le gouvernement mondial. Il a fait quelques déclarations fracassantes sur ce sujet. Pour eux, le gouvernement mondial se ferait nécessairement et la seule question était de savoir si ce serait de gré ou de force. Tout cela a été monté avec Maurice Strong, qui a été le directeur général de l’opération pratique du réchauffement climatique. Il a créé les premiers sommets sur le réchauffement climatique et c’est lui qui a inventé le concept de bourses d’échange des droits de tirage de CO2. Les financiers se moquent pas mal de ce qu’ils vendent : ce qui les intéresse, ce sont les commissions. Comme cela ne lui suffisait pas, il a été viré avec perte et fracas de l’ONU - il était secrétaire général adjoint de l’organisation - pour avoir mis la main dans le pot de confiture dans l’affaire pétrole contre nourriture après la première guerre du Golfe. Il s’est recyclé en vendant des centrales thermiques à charbon en Chine, ce qui permettait par ailleurs d’évacuer le charbon canadien vers la Chine, afin que le Canada soit un modèle de CO2. Cet homme a claqué en 2015. Il doit être en enfer en train de rôtir, puisqu’il a passé toute sa vie à dire qu’il faisait trop chaud… »

Toujours sans langue de bois, Bernard Gantois affirme : « Le réchauffement climatique est une gigantesque opération de bourrage de crâne, visant à faire du fric, pour tous les gouvernements qui font semblant de croire à cette plaisanterie. Tout cela fait aussi progresser la notion de contrôle mondial des populations afin qu’il y ait un gouvernement mondial qui règne sur une population d’esclaves. » Ainsi, l’automobile et la maison individuelle sont attaquées parce que ce sont des symboles de liberté : « Quand 99 % de la population mondiale sera dans des villes, les gens seront totalement sous contrôle, parce que celui qui aura le contrôle de l’électricité de la ville pourra contrôler toute la population. Les commentateurs qui expliquent que le passe vaccinal vise à apprendre aux gens à obéir, c’est très exactement le début de l’itinéraire qui conduit à ce que je viens de vous expliquer. L’objectif étant de contrôler, avec le bouton électrique, les 50 millions d’habitants des villes qui seront dans des clapiers. »

D’ailleurs, Bernard Gantois est convaincu de l’évolution du passe vaccinal vers l’écologie : « Quand une catastrophe est en route, en général, les promoteurs de la catastrophe creusent, donc tout est possible. On va aussi peut-être vous faire des quotas de graisse car, quand vous êtes obèse, vous avez plus de chances de coûter cher à la Sécurité sociale. Après, on aura un passe pinard et, pourquoi pas, un passe final pour vous interdire de vivre après 75 ans... Le gouvernement mondial qui devra diriger une planète qui comptera 2 milliards d’habitants, après la réduction de la population, devra quand même veiller à ce que les 2 milliards d’habitants soient particulièrement sages. Donc, ce seront des gens avec un revenu minimum universel dont on commence à voir la mise en place. »

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