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Un maire en colère contre les plaintes des nouveaux arrivants…
LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Patrice Pageaud, maire de Sainte-Flaive-des-Loups (Vendée) : « Les gens arrivent en estimant que le territoire leur appartient. »
En Vendée, le maire de Sainte Flaive des Loups a installé un panneau à l'entrée de la commune pour rappeler les spécificités inhérentes à la vie à la campagne. Afin de demander un peu plus de tolérance de la part des citadins, l’élu a mis en place une pancarte ainsi libellée : « Attention, vous entrez dans une commune rurale avec des enfants, des vaches, des coqs, des cloches et des loups… En cas d’allergie, bonne route ! ». En effet, les nouveaux arrivants se plaignent souvent, parce qu’il y a de la terre sur la route, des coqs qui chantent ou la cloche qui sonne… En tout cas, depuis que l'écriteau a été installé, il y a quelques semaines, la mairie a pu constater une diminution des récriminations.
L’Hebdo-Bourseplus : On entend souvent les maires ruraux s'insurger contre l’attitude des citadins qui protestent contre le chant du coq ou les cloches des églises. Est-ce toujours une réalité ?
Patrice Pageaud : Ce n’est pas caricatural. On a quelques réactions sur le bruit et les odeurs, mais il y a une multiplicité de situations. Généralement, les gens arrivent en estimant que le territoire leur appartient. Récemment, j’ai vu des gens qui ont acheté dans un lotissement, avec un grand espace devant, et ils se plaignaient des enfants qui jouaient au ballon.. Les cas sont très différents et il y a une multiplicité de situations. En plus, les gens ne se parlent même plus entre eux.
Cela signifie-t-il que beaucoup de Français aient oublié leurs origines rurales ?
Bien entendu. Beaucoup de gens ont oublié leurs origines. Les gens oublient souvent d’où ils viennent. Je ne mets pas en cause les citadins, c’est général, les gens se parlent de moins en moins entre eux. On demande toujours au maire d’intervenir et de se débrouiller. Même sur la question sociale, lorsque l’on propose que des jeunes puissent acheter un terrain moins cher, il y a un collectif qui se forme pour s’opposer à la vente et, dans ce collectif, on retrouve uniquement des gens qui viennent de l’extérieur... Ce sont des gens qui veulent garder ce terrain pour faire un pique-nique annuel : on veut construire sur 700 mètres carrés, mais ce terrain doit continuer de servir au pique-nique ! En même temps, l’État nous demande de réduire notre empreinte au maximum sur l’occupation des terres agricoles. Heureusement, la grande majorité des citadins s’adaptent très bien.
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