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France : état des lieux avant élection.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 18 février 2022 (numéro 1.125) : “ France : état des lieux avant élection (partie 2) ”. Bonne lecture !!!
Les Français n’ont pas le moral. En avril 2019, avant la pandémie, les deux tiers des Français interrogés lors d’un sondage qui a été publié par le quotidien Le Monde indiquaient qu’ils avaient l’impression d’une baisse de leur niveau de vie. Aujourd’hui, en ce mois de février 2022, même si les comptes sur livret sont pleins, s’il y a de l’argent à vue sur les comptes ordinaires bancaires, il y a de plus en plus de préoccupations concernant le pouvoir d’achat, et celles concernant le chômage n’ont pas disparu, malgré le délire propagandesque qui nous gouverne actuellement, en nous disant que l’on est presque au plein-emploi, alors qu’il y a actuellement entre 5,2 et 6,2 millions de personnes qui sont à la recherche d’un travail, ou qui ont renoncé à rechercher, alors qu’ils seraient en théorie en âge et en disponibilité de trouver un emploi. Il y a quelques dizaines d’années, il n’y avait que quelques centaines de milliers de Français qui ne travaillaient pas.
Un potentiel de 6 millions de personnes à remettre au travail.
Aujourd’hui, on peut considérer que presque 6 millions de Français ne contribuent aucunement à créer de la richesse, et, durant ce temps, le nombre des personnes qui sont employées dans les divers métiers de la Fonction publique (nationale, territoriale et hospitalière) n’ont cessé d’augmenter, surtout en proportion de la population. En résumé, de moins en moins de personnes ont à supporter une charge de plus en plus lourde. Comme les démagogues qui nous gouvernent n’ont pas voulu réformer le système de retraite, il faut savoir que la charge des personnes pensionnées est aujourd’hui de l’ordre de 13 à 14 % du PIB, c’est davantage que chez nos voisins, qu’il s’agisse de l’Italie (où la population est pourtant plus vieille qu’en France), de l’Allemagne, de l’Espagne ou du Royaume-Uni. Dans leur dernier livre, La France sous nos yeux, publié aux éditions du Seuil, Jérôme Fourquet et Jean-Laurent Cassely ont révélé l’ampleur de la transformation, de décennies en décennies. Il y a très peu de temps, le nombre des exploitations agricoles était d’environ 20 millions, elles ne sont plus qu’à peine au-dessus de 350.000 aujourd’hui. Enormément d’agriculteurs ne vivent plus grâce à leurs revenus mais grâce à celui de leur compagne ou de leur compagnon, qui est salarié. Selon des chiffres publiés par la Mutualité sociale agricole (MSA), les revenus ultramodestes sont légion, on peut considérer que 20 à 30 % des agriculteurs gagnent moins de ce qui est distribué sans travailler au titre du RSA.
Déclassement.
Le sentiment de déclassement ne touche pas uniquement la population rurale, il faut savoir que les professeurs du secondaire sont aujourd’hui dans une situation de blocage de leur rémunération, et celles et ceux qui sont nommés à Paris ont beaucoup de mal à trouver un logement, et à le payer, seuls les gens qui sont en couple peuvent éventuellement songer à rester à Paris, avec deux salaires, s’ils n’ont pas d’enfant, un petit logement, cela passera tout juste. Pour rentrer dans l’Enseignement, il y a désormais minimum cinq ans d’études, ailleurs que dans l’Enseignement, quelqu’un qui a fait cinq ans d’études et qui en est sorti diplômé touche une rémunération bien plus importante que ce qui est accordé actuellement par une Fonction publique pléthorique qui ne salarie pas à sa juste valeur son personnel. Avec le retour de l’inflation, il est vraisemblable que cela va grogner à tous les étages, dans le mammouth de l’Education nationale.