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Rassurés, les acheteurs reviennent en force
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
Après deux semaines de forte nervosité induites par les changements majeurs annoncés dans la politique monétaire de la Réserve Fédérale américaine (Fed), les places boursières commencent à retrouver leurs esprits. Les cartes sont complètement redistribuées avec comme principale donne, le retour à l’autonomie des marchés avec le retrait du soutien des Banques centrales. Certes, pour le moment il y a seulement la Fed qui a franchi ce pas auquel beaucoup n’y croyaient pas encore il n’y a pas si longtemps. Quant à la Banque Centrale européenne qui se réunira ce jeudi, on serait curieux de savoir ce qu’il ressortirait. La logique voudrait qu’elle aille dans la même direction que les autres Banques Centrales, comme par exemple la Banque Centrale australienne qui a pris la décision d’arrêter complètement ses soutiens aux marchés avec les opérations de rachats d’actifs (Quantitative easing). En ce qui concerne une hausse éventuelle des taux directeurs, il est probable qu’elle passe encore une fois son tour car le poids considérable des dettes publiques européennes la maintien dans une politique douteuse de « Wait and see ».
De leur côté, les marchés obligataires anticipent déjà une hausse comme le montre actuellement le cours de l’OAT à 10 ans, l’emprunt phase Français, qui cote 0,4250 % alors qu’il était négatif tout au long de l’année 2021. Les gérants des grandes institutions financières devraient à présent y voir plus clair et mettre en place leurs stratégies pour l’ensemble de l’année 2022. Les caractéristiques propres à chaque entreprise devraient désormais davantage être prises en considération au détriment des données génériques de la macro-économie dans son ensemble. Or, pour le moment les résultats trimestriels publiés concernent encore l’année 2021 et ne sont que peu impactés par l’inflation et la forte pression sur les salaires des cadres. Ceci concerne particulièrement les valeurs technologiques (Cap Gemini, Atos, Dassault systèmes…). Outre-Atlantique, c’est le Nasdaq tout entier qui a plié récemment en cassant ses premiers supports critiques, avant de se reprendre. Au plus creux de la vague de la correction actuelle, il perdait autour de 20 % par rapport à son record historique d’il y a deux mois. Les achats « à bon compte » des grands fonds qui y sont toujours fortement investis ont permis de limiter les dégâts et d’éviter un véritable krach boursier en cas de baisse supplémentaire. Mais le véritable problème de ce marché c’est qu’il n’a plus du tout de potentiel haussier en dehors d’un rebond plus ou moins marqué à court terme. Au contraire, le potentiel de baisse est considérable avec la fin du cycle d’expansion économique qui se profile.
Pour le moment, les stratèges ne regardent pas jusque-là et restent encore les yeux rivés sur les bons résultats du trimestre. Les autres indices, le Dow Jones et le Dax 40 dont la composante industrielle est plus forte, semblent moins souffrir mais la faiblesse est tout de même là, omniprésente. A Paris, l’indice Cac 40 continue de bénéficier de l’appétence des grands investisseurs pour les valeurs du Luxe, confortés par leurs excellents résultats trimestriels fortement dopés par la Chine et l’Asie. Les valeurs bancaires soutiennent également la côte par leurs dividendes extrêmement généreux mais qu’elles ne pourraient pas maintenir sur la durée. Techniquement, l’indice Cac 40 a cassé lui aussi le support de son canal haussier à moyen terme avant de rebondir fortement sur la ligne de soutien horizontale intermédiaire située autour de 6.750 points. Ce rebond pourrait-il se prolonger plus haut en essayant de revenir sur les 7.250 points ? En cas de reprise de la baisse, les zones de soutien suivantes se situent successivement vers 6.400 points puis 6.100 points où passe désormais la ligne de support du grand canal haussier majeur issu des plus bas de la crise sanitaire en mars 2020.
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