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Assurance-vie : le danger s’intensifie, cela sent le “Sapin2 ” .
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 11 février 2022 (numéro 1.125) : “ Comptes publics : le vrai diagnostic de 2022 ”. Bonne lecture !!!
Au titre de l’année 2021, les meilleurs contrats de fonds en euros ont rapporté en brut 1,55 % (1,28% net des prélèvements sociaux), avec 0,75 % de frais, ce n’est pas le bonheur ! En 2022, avec la remontée des taux d’intérêt et la forte baisse qui va découler pour tout ce qui est placements obligataires, il y a fort à craindre à ce que les as du secteur se retrouvent avec des rendements négatifs. Si vous tapez sur Internet les mots « assurance-vie et souscription », vous voyez une sorte de compétition, via des publicités Google, offrant 1,8 % net pour l’un, jusqu’à 300 euros offerts pour un deuxième, jusqu’à 500 euros offerts pour un troisième… Décidément, l’épargnant est pris pour un gogo.
Capter les gogos, c’est un métier !
Comme le Livret A ne rapportait que 0,5 %, que les comptes bancaires ne rapportent rien du tout, que les comptes sur livret fiscalisés ne rapportent guère davantage, pour leurs excédents d’épargne, soit les particuliers les ont laissés à vue et sans rémunération sur leur compte courant (des centaines de milliards d’euros en plus au cours des dernières années, ce qui n’est pas vraiment à négliger) soit ils ont souscrit à des contrats d’assurance-vie, davantage que pour les retraits. Les chiffres définitifs de 2021 n’ont pas été publiés, mais, en collecte nette, les cotisations ont été de l’ordre de 14 milliards d’euros au titre de l’année 2021. C’est bien plus qu’en 2020, qui était déjà une année de forte collecte.
Les rendements sont mauvais, mais ce n’est pas grave, on s’en contente… on annonce d’éventuels rendements bien pires encore, mais pour autant, personne ne s’en préoccupe. Si l’on tient compte de la revalorisation légère des contrats, même si les taux sont faibles, la base étant très large, il y a une augmentation de la valeur qui aura dépassé, toujours en net des retraits et des versements par les compagnies d’assurances, largement 23 milliards d’euros, soit une forte augmentation tant par rapport à 2020 qu’à 2019. Les contrats en euros restent majoritaires, mais ceux en unités de compte représentent aujourd’hui peu près les quatre cinquièmes des souscriptions nouvelles.
Ruée sur les PER, aussi.