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Les cartes sont complètement redistribuées
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
Les places boursières ont connu une semaine extrêmement agitée et cela devrait encore perdurer, voire s’amplifier avec l’annonce tard en soirée ce mercredi 26 janvier du verdict du FOMC (Comité directeur de la Banque Centrale américaine). Au moment où j’écris ces lignes, rien n’est encore déclaré. Les intervenants sérieux ne se font plus guère d’illusions sur la direction que la vénérable institution prendra à la lumière des nombreuses déclarations de ses membres les plus influents aux médias financiers depuis le début de l’année. Ils tablent sur une remontée imminente des taux dès le mois de mars avec un planning précis sur l’ensemble de l’année. Sont concernés également les fameux plans « QE » (Quantitative easing ou assouplissement quantitatif dans la langue de Molière) de relance post-crise. La Réserve Fédérale devrait dans un premier temps en réduire fortement les volumes de mois en mois jusqu’à les arrêter complètement.
Il n’y a plus de temps à perdre estiment certains de ses membres car la surchauffe frappe déjà à la porte de l’économie américaine. La pénurie de main d’œuvre que rencontrent les entreprises pour recruter notamment chez les cadres qualifiés constitue un frein brutal à leur rythme élevé de croissance. La concurrence s’exerce à coups de hausses de salaires pour conserver les meilleurs éléments de plus en plus sollicités ailleurs et aussi pour s’attirer les faveurs des rares éléments disponibles sur le marché du travail. Ce scénario pose de graves problèmes d’abord aux sociétés technologiques qui, souvent financent leur forte croissance avec de la dette bancaire ou obligataire dont les taux vont monter par ailleurs rapidement. Ce double effet de « ciseaux » défavorable va peser de tout son poids dès les résultats du premier trimestre 2022. Actuellement, ce sont les ventes et les bénéfices du quatrième trimestre 2011 qui sont publiés ou le seront prochainement.
D’une manière générale, ils ne seront que marginalement impactés par ce scénario qui s’est surtout aggravé à partir des premières semaines de 2022. En Europe et particulièrement en France, la situation parait différente mais cela me semble trompeur car il y a un niveau de chômage structurel et incompressible nettement plus élevé qu’outre-Atlantique. Mais au niveau des cadres informatiques hautement qualifiés, la pénurie commence à se faire sentir alors que la demande est très forte notamment dans l’industrie avec le basculement des système informatiques sur le « Cloud » et la migration des logiciels vers l’Intelligence Artificielle et le « big data ». Avec cette nouvelle redistribution des cartes, les valeurs du Nasdaq se retrouvent subitement sous une très forte pression baissière alors que leurs capitalisations stratosphériques intègrent encore plus d’une décennie de forte croissance, ce qui ne sera forcément plus aussi évident que par le passé. Le modèle mathématique d’évaluation des actifs boursiers tient compte de trois éléments prépondérants : les dividendes futurs, le taux de croissance des résultats et les taux d’intérêt à long terme.
Or, ces trois moteurs essentiels pour l’actionnaire vont tourner dans le mauvais sens prochainement. Sur le plan technique, il n’y a rien d’étonnant à voir l’indice Nasdaq dévisser fortement avant d’être secouru par les banksters américains afin d’éviter une catastrophe qui commençait à prendre forme. L’idée est désormais d’organiser la baisse sur la durée pour la rendre plus digeste aux actionnaires très fortement investis sur le Nasdaq et éviter ainsi les accidents financiers majeurs. A la Bourse de Paris, l’indice Cac 40 a senti le coup de froid et cassé le seuil symbolique des 7.000 points puis la ligne de support du canal moyen terme passant autour de 6.890 points avant de se raviser après le fort rebond organisé des indices américains en début de semaine. Il ne faut pas se leurrer, le mal est fait aussi bien du point de vue des fondamentaux que du côté de l’analyse technique. On va connaitre une longue traversée du désert et il va falloir savoir naviguer.
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