L’événementiel : un secteur difficile à identifier et aux ramifications multiples.

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Corinne Vignon, députée LREM de Haute-Garonne : « Les métiers de l’événementiel n’étaient pas tous identifiés. »

Corinne Vignon, députée LREM de Haute-Garonne, connaît parfaitement la complexité du secteur de l’événementiel. Elle est en charge d’une mission d’information parlementaire portant sur les effets de la crise sanitaire sur ce secteur. En effet, cette filière a été particulièrement sinistrée par la pandémie de Covid 19 alors qu'elle regroupe des centaines de métiers, comme les agences événementielles, les traiteurs, ou les loueurs de matériels ou de salles. Elle explique pourquoi il a été difficile d’identifier totalement les professionnels qui relèvent de ce secteur aux multiples ramifications.


L’Hebdo-Bourseplus : On a entendu des entrepreneurs se plaindre car ils ne rentraient pas dans les cases pour bénéficier des aides publiques. Le gouvernement a beaucoup travaillé sur le recensement des professions qui pouvaient être concernées par la crise. Quelle est la situation aujourd’hui ? Existe-t-il encore des professions qui ne sont pas encore identifiées ?

Corinne Vignon : En termes d’identification, les choses ont été réglées, puisque les listes avec les codes NAF qui ne correspondaient pas ont été mises à jour. Au départ, les holdings ne rentraient pas dans les cases, car si vous étiez propriétaire de votre restaurant en nom propre, vous aviez droit à 10 000 € d’aide, mais si vous étiez en holding, cela ne marchait pas. Tout cela a été réglé. Maintenant, on voit apparaître de nouvelles situations. D’abord, je dois vous dire que le monde de l’événementiel est absolument ravi de ce qu’a fait le gouvernement, mais il y a de nouvelles problématiques.

Par exemple, pour les auto-entrepreneurs, ils n’ont rien. Je suis chargée d’une mission sur l’événementiel et j’identifie certaines choses, comme les extras des traiteurs qui ne sont pas toujours indemnisés, puisqu’ils travaillent de façon ponctuelle. L’année de référence reste 2019, on ne peut rien faire, c’est une directive européenne. Mais, depuis 2019, il y a eu des rebondissements avec des créations d’activités. Par exemple, un loueur de salles voit que la situation risque de se prolonger et il décide de créer un restaurant dans sa salle. Il fait cela avec son même numéro de SIREN, celui d’un loueur de salles.

Or, c'est ce qui va être pris en compte pour les aides. Il va faire du chiffre d’affaires dans son restaurant en 2020 et en 2021, alors que son activité de loueur de salles est tombée quasiment à zéro. Pourtant, en 2019, son restaurant n’existait pas... Mais il ne peut pas se baser sur son chiffre de 2019 et expliquer que son chiffre d’affaires est tombé à zéro en tant que loueur de salles. Comme le restaurant a gagné de l’argent, notamment au cours de l’été 2020 et 2021, ce professionnel a gonflé le chiffre d’affaires de son SIREN : donc il ne peut plus obtenir d’aide, même si son activité événementielle est tombée à zéro.

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