Un croquis d'un immeuble

Barnes City Index : les villes les plus recherchées par les grandes fortunes.

IMMOBILIER

✍️ Par Yannick URRIEN

Dans un contexte de reprise économique plus rapide que prévu, le classement des grandes villes internationales a une nouvelle fois été chamboulé : Miami, Austin, Tokyo, Genève et Paris composent le Top 5 du Barnes City Index. Le réseau international d’immobilier de luxe analyse chaque année un segment très précis de personnalités et de familles. Ce sont les HNWI « High-Net-Worth Individuals » et « Ultra High-Net-Worth Individuals », qui disposent d’un patrimoine de plus de trente millions de dollars. Thibault de Saint Vincent, président de Barnes, souligne que « le Barnes City Index n’a jamais été aussi varié, mettant en avant des progressions fulgurantes comme Madrid, Moscou et Prague, mais aussi des valeurs sûres traditionnelles comme Londres, New York et Tokyo. Le reflet des mutations engendrées par la crise sanitaire et surtout la capacité d’adaptation des grandes fortunes ».

L’étude présente une évolution majeure : la génération Z (soit les individus nés entre 1993 et 2010) s’installe durablement. En 2025, ils représenteront de 10 à 15 % des UHNWI, contre 4 % en 2019. Toujours en 2025, la génération Y (1978-1992) deviendra majoritaire, représentant de 45 à 50 % des personnes ultra-fortunées. Les générations Y et Z, dont l’un des traits principaux est la haute conscience de l’environnement, contribueront à changer le visage du marché : actuellement premiers utilisateurs du marché du luxe de deuxième main, voire de troisième main, ils sont aussi les premiers à s’engager volontiers dans des rénovations coûteuses, intégrant des travaux de remise aux normes énergétiques. Attentifs à l’origine des matières premières et au poids écologique des matériaux, ils contribueront à inscrire une empreinte éthique et éco-responsable dans le monde de l’immobilier de luxe.

Dans le haut du classement apparaissent cinq villes qui ont su convaincre les investisseurs à la fois pour leur attractivité et leurs fondamentaux : Miami, déjà surprise du Top 2020 où elle était 4e, s’arroge la 1ere place, suivie par Austin qui bondit de la 24e à la 2e place. Tokyo reste bonne troisième, suivie par Genève qui progresse de la 8e à la 4e place et de Paris, remontant de la 7e à la 5e place : « La vieille Europe retrouve son statut d’antan, avec cinq villes dans le Top 10 (Genève, Paris, Londres, Madrid, Stockholm), témoignant d’un retour aux valeurs sûres traditionnelles qui étaient, avant la crise sanitaire, les grandes habituées du Barnes City Index », explique Thibault de Saint Vincent. Il en est de même pour New York et Toronto, qui font également leur retour. Zurich, qui tenait la 1ere place en 2021, chute à la 11e, victime de l’échauffement de son marché immobilier, tout comme Stockholm et Copenhague, qui sortent du Top 5.

Grande surprise du Barnes City Index, Miami attire pour son climat ensoleillé, la beauté des plages de la baie de Biscayne, la fiscalité très avantageuse sans impôt sur le revenu pour les particuliers et un impôt sur les sociétés limité à 5,5 %, une vie culturelle florissante, la qualité des écoles, du système de santé et des universités et un marché de prestige aux prix encore raisonnables. Autre surprise, avec Austin, un bond de 22 places, loin devant New York (7e), Los Angeles (14e), Dallas (17e), San Francisco (29e), San Diego (30e), Washington (31e), Boston (34e) et Chicago (41e, dégringolant depuis la 21e place).

La capitale du Texas fait une entrée fracassante à la 2e place du Barnes City Index : « À présent, la capitale du Texas se prévaut d’une vie culturelle bouillonnante, notamment le festival South by Southwest, de gratte-ciels tout récents et d’un centre-ville authentique dépourvu de grandes enseignes commerciales. Cela, avec une absence d’impôt sur le revenu des particuliers, un coût de la vie 40 % plus faible qu’à New York et des prix très raisonnables, lui vaut l’adhésion des Américains, une « supernova » ou zone métropolitaine à fort potentiel de croissance selon le rapport Emerging Trends in Real Estate de PwC », explique Thibault de Saint Vincent. Le marché d’Austin débute à 2,34 millions de dollars (2,12 millions d’euros), soit une hausse de 33 % par rapport à 2020 et de 44 % par rapport à 2017 selon le Wall Street Journal.

Enfin, devant Londres, New York et Los Angeles, Paris est la seule, avec Tokyo, à retrouver sa place d’antan dans le Top 5 du Barnes City Index, remontant de la 7e à la 5e place. Pour Thibault de Saint Vincent : « Après avoir maintenu le cap pendant une année 2020 de tous les risques, la Ville Lumière a prouvé sa valeur refuge, faisant de 2021 une année record, avec des hausses de 5 à 10 % pour les biens de qualité situés en étage élevé dans de beaux immeubles de standing et pour les biens avec terrasses et jardin. Ceux qui affichaient des défauts et des nuisances ont en revanche baissé de 10 à 15 % ».

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