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Les marchés obligataires sous forte pression
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
Les chiffres de la semaine ont fait ressortir, en rythme annuel, une inflation de 7% aux Etats-Unis. Cela ne s’était plus vu depuis 40 ans ! La Banque Centrale américaine n’a plus eu d’autre choix que celui de reconnaître tardivement la réalité des choses et de se résoudre enfin à prendre le taureau par les cornes. Il n’y a rien d’autre à faire que d’arrêter les achats des actifs de dette sur les marchés et de procéder le plus tôt possible à un sérieux tour de vis monétaire en relevant les taux de base à plusieurs reprises mais à petites doses pour éviter des ondes de choc sur les marchés interbancaires et par ricochet, les marchés obligataires et les actions qui ne garderaient pas à subir les dégâts. La tâche est loin d’être simple alors que les marchés financiers sont encore euphoriques et forment actuellement une bulle spéculative gigantesque. De plus, l’inflation des actifs financiers vient à son tour alimenter l’inflation des biens de consommation en raison du fameux « effet de richesse » ressenti par les investisseurs qui ont tendance à consommer beaucoup plus et ne regardent plus les prix. En Europe, la BCE a pris le chemin du mensonge effronté et se retrouve avec une politique monétaire complètement prise à contre-pied par la réalité de l’inflation.
Cela est d’autant plus problématique que les Etats de l’Union, extraordinairement surendettés comme la France, l’Italie et L’Espagne vont devoir rendre des comptes à Bruxelles pour pouvoir continuer à bénéficier du parapluie commun des fonds communautaires empruntés sur les marchés à de faibles taux. La pression sur les taux obligataires a déjà commencé alors que la BCE n’a plus les moyens ou les autorisations des pays du nord de continuer ses achats de dette au même rythme que celui de la crise. Le jeu de poker menteur entre Christine Lagarde et les marchés est clairement un jeu de dupes dans lequel le Etats ont très gros à perdre in fine tant que le choix de la transparence n’est pas fait. Pour le moment, la tension se traduit par une très forte appétence des investisseurs pour le dollar avec des situations déjà au bord de la rupture dans les petits pays comme le reconnait le FMI. Il faut savoir que toutes les banques centrales du monde ont joué à ce jeu-là et la plupart sont dans l’incapacité de faire machine arrière, faute de retrouver preneur aux obligations détenues dans les bilans de leurs BC. Ainsi, brusquement, de gigantesques actifs de dette obligataire souveraine vont se retrouver sur les marchés. Les investisseurs ne vont pas se priver de faire jouer la concurrence en favorisant les Etats dont les BC auront augmenté le plus rapidement et le plus fortement leurs taux directeurs !
Au niveau des marchés boursiers, les intervenants sont encore au stade de l’arbitrage dont la principale tendance consiste à vendre les valeurs chères du Nasdaq (pénalisées par un marché du travail devenu extrêmement tendu chez les cadres hautement qualifiés) et les valeurs secondaires du Russel 2000 (moins liquides) pour acheter des capitalisations jugées encore relativement raisonnables des « blues chips » du Dow Jones. Mais dès que les taux obligataires auront atteint des niveaux suffisamment attractifs, l’effet siphon sur les actions sera garanti. Quant à la Bourse de Paris, elle n’aura d’autre choix que de suivre la tendance générale. Mais pour le moment, les valeurs du luxe et les bancaires qui distribuent de très généreux dividendes attirent les investisseurs étrangers et les gros fonds de pension. Techniquement, après avoir contacté la ligne de résistance de son canal moyen terme située autour de 7.385 points, l’indice Cac 40 a subi des prises de bénéfices qui l’ont fait refluer à 7100 points sous la pression baissière des marchés américains. Cette semaine, il réussit à rebondir sur ce niveau situé en plein milieu du canal. Toutefois, ce mouvement de reprise semble bien fragile alors que les marchés commencent à subir des flots de mauvaises nouvelle sur l’inflation et les menaces de surchauffe outre-Atlantique. A la baisse, le niveau de soutien le plus proche et le plus significatif se trouve vers 6.900 correspondant à l‘ancien pic du 13 août 2021.
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