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Les entreprises doivent de plus en plus courtiser les free-lances.
LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Clément Carrier, cofondateur d’ARIA : « Il y a une vraie guerre des talents. »
Il y a quelques années, les free-lances faisaient la chasse aux contrats et peu importait si l’entreprise payait en retard, l'essentiel consistant à pouvoir additionner les références et les missions. Aujourd’hui, tout a changé et ce sont les entreprises qui doivent chasser les talents et se montrer de plus en plus attractives. Dans ce contexte, la question du délai de paiement est importante et beaucoup de free-lances acceptent de travailler en posant comme condition le règlement immédiat de leurs factures.
Pour répondre à ce constat, Clément Carrier et Vincent Folny ont créé Aria en 2019 avec un objectif : permettre aux entreprises de payer leurs free-lances en 24 heures. Concrètement, Aria propose une solution SaaS qui permet aux agences de sourcing et aux grands groupes de générer des avances de paiement dès l’édition des factures destinées aux free-lances. Les clients d’Aria n’ont pas à avancer d’argent, la start-up le fait pour eux. Les indépendants peuvent ainsi être payés aussitôt leur mission accomplie, autrement dit sans devoir subir de longues procédures administratives et financières, ni délais de paiement.
Afin d’accélérer davantage son développement, Aria vient de boucler sa première levée de fonds. D’un montant de 4 millions d’euros et réalisée auprès d’Otium Capital, family office de Pierre-Edouard Stérin (Lafourchette.com, Smartbox…) et d’un pool de business angels expérimentés (Arthur Waller, Oleg Tscheltzoff, Michael Diguet), cette opération permettra à Aria de recruter 15 nouveaux collaborateurs pour augmenter sa puissance de frappe commerciale et marketing.
L’Hebdo-Bourseplus : Si je suis chef d’entreprise et si je veux payer rapidement un free-lance, je lui demande son RIB et je procède au virement. Qu’apporte votre service en plus ?
Clément Carrier : Il y a deux cas de figure. Si vous êtes chef d’entreprise d’une très grosse boîte, par exemple du CAC 40, vous avez potentiellement 15 000 free-lances à payer à la fin du mois et, même si vous avez de la trésorerie, vous êtes dans l’incapacité de payer rapidement un free-lance, parce qu’il va rentrer dans un process de paiement très spécifique. Un free-lance, c’est un fournisseur, donc le délai de paiement est de 60 jours. Pour une plus petite entreprise, le chef d’entreprise n’a pas de process, donc il peut payer rapidement son prestataire. En revanche, il peut se trouver dans une situation où il n’a pas la trésorerie tout de suite, parce qu’il attend lui-même le paiement de son client.
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