⟵ Retour
Réflexion. Vivons-nous la fin de la démocratie ?
EN DIRECT AVEC...
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Jean-Carles Grelier, député LR de la Sarthe : « Nous sommes au moment où la foule se prend pour le peuple souverain et s’empare du pouvoir. »
Pour ce premier numéro de l’année, nous vous proposons un grand entretien politique de réflexion sur la démocratie avec Jean-Carles Grelier, député LR de la Sarthe. Avocat spécialisé en droit public, il a exercé des mandats municipaux, départementaux et régionaux. Dans son dernier livre, il considère que l’analyse politique doit s’extraire de l’immédiateté et prendre la hauteur nécessaire à la bonne compréhension des enjeux et des débats.
Inquiet de la montée du populisme, du rejet ou du désintérêt de nombreux Français pour la vie politique et démocratique, il souhaite interpeller sur les risques majeurs qui pèsent, plus que jamais, sur la démocratie française. Faut-il admettre avec Polybe, observateur des chutes et des renaissances des régimes romains, que les régimes politiques aussi naissent, vivent et meurent ? Que notre démocratie, finalement très jeune encore, pourrait se trouver au bord de l’abîme ? « Et si Polybe avait raison, vers la fin de la démocratie ? » de Jean-Carles Grelier est publié aux Éditions Saint-Honoré.
L’Hebdo-Bourseplus : Vous vous interrogez sur la fin de la démocratie en évoquant la multiplication des conflits, des contestations populaires, mais aussi la montée de l’abstention. N’est-ce pas tant la démocratie que les Français veulent remettre en cause, que la République car, en la rejetant, certains pensent pouvoir créer une autre forme de démocratie ?
Jean-Carles Grelier : J’espère que le mouvement profond qui affecte notre société aujourd’hui est celui que vous décrivez, parce que si, effectivement, c’était un problème de République qui pourrait se traduire par un problème institutionnel, ce ne serait finalement pas très compliqué à régler. Ma crainte, c’est pour cela que j’ai associé le philosophe grec Polybe à ma réflexion, c’est que la démocratie soit elle-même menacée dans ses fondements. La démocratie, c’est la cohabitation entre une majorité et une minorité avec, entre les deux, ce que Raymond Aron appelait un nécessaire compromis.
Et c’est ce compromis qui ne fonctionne plus, parce que nous avons aujourd’hui des élections et des consultations électorales qui mobilisent de moins en moins. Ceux qui sont élus, sont élus par une minorité de la population, et ce sont eux qui vont exercer le pouvoir. La majorité silencieuse, celle qui ne se rend plus aux urnes, celle qui ne croit plus que son vote puisse changer la face des choses, est aujourd’hui majoritaire et elle s’inquiète de voir qu’elle est dirigée par des gens qui ont été élus par une petite minorité.
Pour lire ce numéro (Accès numérique)
Validez le formulaire ci-dessous
Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.
Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.