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Quand l’inflation revient, l’or redevient intéressant.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 14 janvier 2022 (numéro 1.121) : “Or : ne pas se faire rouler”. Bonne lecture !!!
Il y a deux ans et demi de cela, j’avais publié une étude vous indiquant combien il était intéressant de considérer l’or comme placement, comme moyen de se protéger contre l’inflation, encore davantage contre l’hyperinflation. A l’époque, le président de la Banque centrale européenne avait indiqué qu’il allait tout faire pour créer de l’inflation, c’est réussi, deux ans et demi plus tard, on y est ! Historiquement, l’or est une monnaie mondiale. Pendant très longtemps, le métal jaune a été, avec l’argent, à la base de la masse monétaire mondiale.
Une forte expansion économique est intervenue en Europe lorsque les Espagnols ont conquis le Mexique et le Pérou, générant des afflux d’or et d’argent en quantité conséquente, alors que, dans l’Histoire, il n’y avait que très peu d’or qui circulait en Europe. Il provenait essentiellement d’Afrique, via les pays musulmans, qui en faisaient le trafic et qui battaient une monnaie en or acceptée dans toute l’Europe occidentale car elle n’était que très rarement falsifiée.
L’or, une monnaie mondiale.
Le dirham a donné le mot thaller, le mot thaller a donné le mot dollar et jusqu’au tournant des années 1970, le dollar fut convertible en or. Il y a à peine plus de cinquante ans que les monnaies ne sont plus convertibles en or, ni entre Banques centrales ni au guichet pour les particuliers. En France, la conversion des billets de la Banque de France au guichet pour les particuliers a été interrompue en 1914, elle n’a jamais repris depuis. De tout temps, l’or a été un protecteur particulièrement efficace contre l’inflation. On ne doit pas regarder la variation de son cours d’une année sur l’autre, mais d’une décennie sur l’autre voire d’une génération sur l’autre. Même si la production minière mondiale a doublé entre le début des années 1970 (environ 1.500 tonnes par an) et la période actuelle (environ 3.000 tonnes par an), elle reste insuffisante pour faire face à la demande, qu’il s’agisse des besoins de la bijouterie, des frappes de monnaies commémoratives ou de médailles, ou encore des achats des Banques centrales… les Banques centrales de Russie et de Chine thésaurisent et sont en phase d’expansion de leurs réserves en or métal. La Russie et la Chine mettent de côté non seulement la quasi-totalité de l’or produit sur leur territoire, mais elles en achètent sur les marchés internationaux. Au temps de l’Union soviétique, l’or russe était systématiquement vendu sur le marché pour récupérer du blé, de la nourriture pour la population. Pendant très longtemps, l’Afrique du Sud a été un très gros producteur. Il y a eu jusqu’à 1.000 tonnes issues de son industrie minière en 1970.
Le déclin de l’Afrique du Sud.