Un graphique boursier mettant en évidence les lignes de tendance, niveaux de support et résistance

Une fin d’année en plein euphorie ?

ANALYSE GRAPHIQUE

✍️ Par Mustapha GHAILANE

La semaine a commencé par une forte baisse sur l’ensemble des marchés ouverts lundi matin, en attendant la réaction des places américaines dans l’après-midi. Des informations alarmantes sur l’évolution du variant « Omicron » du Coronavirus ont été relayées par les médias, concernant notamment les mesures de reconfinement dans certains pays du nord de l’Europe. Bien entendu, les éléments les plus importants qui vont impacter le plus fortement l’évolution future des marchés dans les deux prochaines années au moins, sont passés au second, voire au troisième plan des médias. Il s’agit bien entendu du changement à 180° de la politique monétaire de la Réserve Fédérale américaine qui est, qu’on le veuille ou non, le décideur central en la matière. Les autres Banques Centrales suivront tôt ou tard dans la même direction, sous peine de se retrouver « punies » par les marchés sous le poids devenu considérable de la spéculation institutionnelle. Cela se traduit le plus souvent par une pression de plus en plus forte sur les parités monétaires et ensuite sur les taux longs à travers les marchés obligataires. La troisième phase arrive assez vite après les premiers gros dégâts obligataires en visant les actions des valeurs bancaires. Les Banques étant alors obligées de passer d’énormes provisions reflétant la dévaluation de leurs lignes obligataires, faisant apparaitre du jour au lendemain de très grosses pertes comptables. La stratégie des Banques Centrales britannique, canadienne et australienne consiste plutôt à anticiper la Fed afin de désamorcer dès le départ toutes velléités d’attaques spéculatives.

En Europe, il en va tout autrement et probablement sous la pression des Etats membres des pays du sud du continent dont la France, car leur endettement déjà très lourd a littéralement explosé à la hausse avec la crise sanitaire. L’idée de remonter un jour les taux n’est tout simplement pas envisageable pour les finances publiques et pourtant, il va bien falloir y aller. Ne cherchez pas plus loin les raisons du déni de Christine Lagarde, la patronne de la BCE. Pour mémoire, la Fed a non seulement reconnu le caractère réel et menaçant de l’inflation, a décidé d’accélérer le rythme de son « Tappering » à hauteur de $30 Mds au lieu des $15Mds prévus initialement et surtout annonce déjà le rythme de la hausse des taux dirigés à raison de trois fois en 2022 et trois autres en 2023. Ce faisant, la BCE opte pour l’affrontement frontal avec les marchés à moins de changer rapidement et radicalement de discours dans les prochaines semaines. Pour le moment, les places boursières sont encore dans leurs nuages enivrants de la stratosphère et n’ont aucune envie d’en découdre avec qui que ce soit. Les acheteurs restent maitres de la situation et continuent de se renforcer sur chaque repli et ce, quelles qu’en soient les raisons. On l’a encore constaté cette semaine avec un Cac 40 qui est déjà revenu au contact des 7.050 points (ce mercredi soir au moment où je rédige cette analyse) après avoir touché un point bas à 6.750 points lundi matin en ouverture ! Techniquement, l’indice parisien évolue dans son canal bleu légèrement haussier à moyen terme mais à l’intérieur duquel, la volatilité a très fortement augmenté. Les baisses passagères de plus en plus fréquentes suivies par des remontées tout aussi rapides témoignent surtout d’une fragilisation croissance de la tendance haussière de fond. Ces « petites secousses » à répétition devraient se poursuivre logiquement en 2022 sachant que les flux de liquidités issues des BC diminuent fortement et pourraient même s’inverser par la suite. L’entrée en plus des taux dans un cycle haussier est un puissant facteur défavorable aux actions, tout particulièrement des sociétés endettées comme le sont beaucoup de valeurs du Nasdaq. A très court terme, la tentation de faire terminer les marchés sur une année 2021 sur de nouveaux records historiques reste très forte chez les très gros intermédiaires, trop soucieux de continuer à drainer les fonds des particulières vers la Bourse en 2022.

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