Dieu, la science, les preuves. L’aube d’une révolution.
LITTÉRATURE
Pour cette rubrique Livres la semaine de Noël, nous nous devions d’évoquer ce livre événement. Suite à l’entretien avec Michel-Yves Bolloré (pages 2 et 3), nous revenons sur cette réflexion avec Olivier Bonnassies qui est le co-auteur du livre. Olivier Bonnassies est ancien élève de l’École Polytechnique (X 86), diplômé de l’Institut HEC start up et de l’Institut Catholique de Paris (licence en théologie). Entrepreneur, il a créé plusieurs sociétés. Non croyant jusqu’à l’âge de 20 ans, il est l'auteur d’une vingtaine d'ouvrages et de vidéos et de plusieurs spectacles, scénarios, articles, newsletters et sites Internet sur des sujets souvent liés à la rationalité de la foi. Il revient sur sa démarche : « Nous sommes deux inconnus. Michel-Yves Bolloré a un nom connu, mais il est normal que les choses progressent lentement, le bouche-à-oreille fonctionne, c’est vrai, le sujet de l’existence de Dieu intéresse tout le monde. Tout le monde se demande dans sa vie d’où il vient et où il va, mais les gens pensent que l’on ne peut pas se prononcer de manière sérieuse et certaine sur cette question et, si l'on affirme le contraire, la thèse est provocante. Nous pensons que l’idée de Dieu peut être prouvée par la science, mais aussi par toutes les autres preuves classiques, et qu’il y a donc un faisceau de preuves convergentes, indépendantes et rationnelles. »
Dans cette étude, on découvre un enchaînement de combinaisons incroyables qui fait dire aux scientifiques que cela ne peut pas être le fruit du hasard : « Cela pourrait être le fruit du hasard s’il y avait un nombre très élevé d’hypothèses et d’univers. Mais si l'on prend cette hypothèse, quand on la creuse un peu, cela ne résout pas le problème du début de l’univers. Même s’il y a un nombre gigantesque d’univers complètement stériles - et le nôtre est le seul qui fonctionne - il faudrait savoir où ils sont, quelle est la machine qui les produit et comment un chiffre incalculable peut être vrai. Cela fait beaucoup de choses et c’est pour cette raison que les grands savants ont appelé cela l’hypothèse désespérée des athées. Mais cette hypothèse désespérée ne suffit même pas, parce que, même s’il y avait un nombre très grand d’univers, cela ne suffirait pas à expliquer le début de l’univers. Or, s’il y a un début au temps, à l’espace et à la matière, si tout cela est lié, comme nous l'a appris Einstein, cela veut dire qu’il y a une cause qui n’est ni temporelle, ni spatiale, ni matérielle, qui est transcendante à tout cela, et qui a eu la puissance de créer l’univers matériel. Nous sommes déjà extrêmement proches de la définition de Dieu dans toutes les philosophies et les religions. »
Le livre dérange de nombreuses croyances qui tentent de nous éloigner des religions monothéistes, celles qui nous expliquent que l’on va avoir une seconde vie ou renaître sous la forme d'un animal ou d'une plante : « Il y a beaucoup de religions qui sont remises en cause par la découverte de la science : je pense aux religions asiatiques qui sont basées sur l’éternel retour et un cycle éternel, avec des réincarnations successives, depuis l’origine jusqu’à la fin. Tout cela est basé sur des visions de l’univers qui sont sans début. Mais ce n’est pas possible. Il y a une flèche du temps. Il n’y a pas d’éternel recommencement dans le monde. Nous en sommes certains sur le plan scientifique aujourd’hui » explique Olivier Bonnassies.
Il y a eu de nombreux travaux avec des témoignages de gens qui ont connu un moment de mort physique, après un accident, par exemple, et ces expériences de mort imminente amènent toujours aux mêmes conclusions sur la chaleur, la lumière, l’âme qui s’envole : « Nous avons hésité à mettre des chapitres sur les expériences de mort imminente. On en parle un peu, en soulignant que ce sont des champs du savoir qui sont très importants, mais il y a encore des débats, même si c’est relativement tranché vu le nombre d’expériences de mort imminente dans tous les coins du monde et dans toutes les cultures. Les gens font les mêmes types d’expérience et, avec les outils de réanimation, on s’aperçoit que l’esprit n’est pas uniquement une production des neurones et qu’il y a quelque chose d’autre. Il y a des gens qui contestent encore cela. Alors, nous avons essayé d’évoquer des points qui sont incontestés. Mais cela va dans le même sens. »
Le livre apporte aussi quelques désillusions à ceux qui investissent des milliards pour tenter d’aller s’installer dans un autre univers afin de repartir à zéro : « Il y a un chapitre que nous avons écrit et que nous n’avons finalement pas publié, sur le principe anthropique de la Terre : c’est-à-dire que nous avons regardé à quel point notre planète est complètement privilégiée pour que la vie puisse exister. C’est un concours de circonstances absolument fascinant, qui concerne sa place dans la galaxie, dans le système solaire, le fait qu’il y a d’autres planètes qui servent de paratonnerre, comme Jupiter contre les météorites. Il y a aussi la distance du soleil qui est la bonne, le soleil qui est une étoile de bonne taille, la lune qui est absolument nécessaire, la composition de l’intérieur de la Terre qui est absolument nécessaire, et j’en passe… Tout cela pour dire que la probabilité de trouver un espace vivable comme la Terre est extrêmement faible et l'on voit bien, avec les problèmes climatiques actuels, que si l'on augmente de 1 ou 2 degrés, tout le monde est en panique. Donc, le spectre dans lequel la vie est possible est totalement improbable. Comme il y a 2 000 milliards de galaxies et, dans chaque galaxie, il y a 1 000 milliards d’étoiles, les gens pourraient nous dire qu’il est normal que dans cet immense champ de l’univers observable, il y ait quelques espaces propices. Ce n’est pas tout à fait faux. Mais, dans ce qui nous est accessible, c’est-à-dire le système solaire, il n’y a aucune chance pour que l’on puisse trouver un espace aussi bien fait que la Terre. Donc, il sera très dur d’aller vivre ailleurs. »
Enfin, nous évoquons avec Olivier Bonnassies les conséquences politiques de son livre car maintenant il ne serait plus de mise que nos gouvernants abordent l’avenir de nos civilisations en faisant semblant d’écarter les questions spirituelles : « Le problème de l’existence de Dieu, ce n’est pas seulement une question rationnelle, c’est une question politique qui a des implications un peu partout. Si Dieu existe, ce n’est pas seulement la bonne nouvelle que l’on a potentiellement une vie éternelle après : c’est aussi la nécessité de respecter l’ordre naturel, les lois naturelles, respecter la vie… Cela donne de l’espérance avec la vie éternelle, mais il y a aussi des conséquences que certains ne voudraient pas trop entendre, parce qu’ils voudraient faire n’importe quoi avec notre planète et notre humanité. Cette question n’est pas à étudier seulement sous l’angle rationnel, elle doit aussi être étudiée sous l’angle passionnel. On pourra donner toutes les preuves que l’on veut, mais il y a plein de gens qui ne voudront même pas les entendre. D’ailleurs, un savant, dans le livre, reconnaît que l’hypothèse de Dieu est la seule qui réponde au problème, mais il dit qu’il ne l’acceptera jamais, parce qu’il ne veut pas croire en Dieu et il choisit plutôt ce qui est impossible à croire. En plus, c’est un prix Nobel ! »
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