Le gouvernement Macron dépasse celui de François Hollande en termes d’endettement.

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Marie-Christine Dalloz, députée LR du Jura : « Même pendant le mandat de François Hollande, le niveau de dépenses hors « quoiqu’il en coûte » n’avait pas autant dérapé. »

Marie-Christine Dalloz, députée LR du Jura, intervient fréquemment à l’Assemblée nationale sur la question des dépenses publiques. Elle vient à nouveau de dénoncer la politique du gouvernement dans ce domaine : « Le quinquennat s’achève, les milliards pleuvent, et les désastres budgétaires sont réels. Alors que nos finances publiques n’ont jamais été aussi dégradées, voilà que le gouvernement dissimule ses erreurs plutôt que d’assumer ses responsabilités. C’est en effet près de 100 milliards de dettes qui ont été masquées par un tour de passe-passe opéré sur les marchés financiers au moyen des primes d’émission, une technique déjà dénoncée en 2016 par la Cour des comptes. La vraie dette publique devrait donc frôler les 120 % du PIB à la fin de cette année, plutôt que de s’établir à 115,6 % comme le prévoyait le budget insincère du gouvernement. Nous avons abordé la crise dans une situation bien plus dégradée que nos partenaires et nous en payons le prix fort. » Dans l’entretien qu’elle nous a accordé, Marie-Christine Dalloz estime que le gouvernement Macron a dépassé celui de François Hollande en termes d’endettement, en mettant à part évidemment les mesures liées à la crise sanitaire.


L’Hebdo-Bourseplus : Vous évoquez un véritable désastre budgétaire. Comment expliquez-vous le faible intérêt de nos concitoyens pour ce sujet ?

Marie-Christine Dalloz : Dans le déficit global, il y a deux aspects : il y a le déficit structurel et le déficit conjoncturel. Je considère que pour tout ce qui était nécessaire pendant la pandémie, notamment le premier confinement, qui fut très long et très pénalisant pour toutes les entreprises, il fallait des mesures d’urgence. Elles ont été mises en œuvre par le gouvernement et nous les avons votées. C’est ce que l’on peut appeler le déficit conjoncturel, c’est-à-dire lié à la conjoncture. L’autre réalité, c’est qu’il y a un déficit structurel colossal et il s’est dégradé de façon inexorable durant toute la durée du mandat d’Emmanuel Macron.

Il n’y a eu aucune réforme structurelle durant ce quinquennat. On n’a rien changé. On a continué à laisser filer le déficit et à augmenter les dépenses de façon assez inconsidérée. Même pendant le mandat de François Hollande, le niveau de dépenses hors « quoiqu’il en coûte » n’avait pas autant dérapé. Il n’y a eu aucune recherche d’économies et, chaque fois qu’il y a eu une demande, on a procédé à une augmentation. Sur les 38 missions que contient le budget, il n’y en a que 5 qui soient au niveau constant en termes de dépenses. Toutes les autres sont en progression. Cela veut bien dire ce que cela veut dire : on n’a absolument pas maîtrisé quoi que ce soit au niveau de la dépense. Si vous prenez l’équivalent d’un budget d’un ménage ou d’une entreprise, c’est comme si vous ne teniez pas compte de votre chiffre d’affaires ou de vos rentrées et que vous faisiez des dépenses en fonction de vos envies. C’est exactement ce qui a été fait au niveau du budget de l’État.


Le gouvernement indique que tout cela va être financé par la croissance : est-elle, selon vous, au rendez-vous ?

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