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Les nouvelles méthodes des services secrets.
LA RENCONTRE DE LA SEMAINE
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Éric Denécé : « Ces agents sont présents dans une centaine de pays, en civil, avec de vraies légendes, de faux documents, comme des espions, mais cela reste des militaires. »
Éric Denécé et Alain-Pierre Laclotte publient « La nouvelle guerre secrète, Unités militaires clandestines et opérations spéciales ». Pour acquérir les informations nécessaires au démantèlement des réseaux terroristes, le besoin de nouvelles unités militaires spécialisées, agissant clandestinement, est apparu. Plusieurs pays ont ainsi créé de petites unités de recherche humaine, opérant en civil et en secret, chargées de conduire des opérations de renseignement antiterroriste au profit des forces spéciales, des forces régulières ou des autres services de renseignement.
Alain-Pierre Laclotte est ancien cadre des troupes aéroportées (1er RCP, 11e RPC). Il a passé vingt ans au service du ministère de la Défense, avant de créer et de diriger l'une des principales sociétés françaises de sécurité privée. Éric Denécé ancien analyste du renseignement, est directeur du Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) et auteur de nombreux livres sur le renseignement et les opérations spéciales. « La nouvelle guerre secrète, Unités militaires clandestines et opérations spéciales » d’Éric Denécé et Alain-Pierre Laclotte est publié chez Mareuil Éditions.
L’Hebdo-Bourseplus : Vous racontez comment tous les grands États ont créé des unités spéciales pour mener des guerres secrètes. En résumé, dans le schéma traditionnel que l’on connaît, il y a l’armée, avec des soldats qui portent un uniforme et qui respectent les règles de la guerre et il y a ensuite les espions qui collectent des informations. Maintenant, beaucoup de pays ont des unités militaires clandestines, qui se dissimulent et qui ne respectent plus les codes de la guerre…
Éric Denécé : C’est une évolution qui s’est accélérée depuis le début des années 2000, notamment dans le cadre de la lutte antiterroriste, mais en même temps les racines sont un peu plus anciennes, puisque l’on peut considérer que ces unités sont surtout nées en Grande-Bretagne, pendant la période de décolonisation, avec quelques expérimentations en Afrique, mais surtout en Irlande du Nord pour lutter contre les indépendantistes. Les Britanniques, ne disposant pas de gendarmerie, ont été obligés de faire en sorte que leurs forces armées se livrent à des missions de renseignement dans ce qu’ils considéraient être des zones de combat et, pour pénétrer les groupes opérationnels, ils ont formé deux types d’unités : une chargée de la surveillance, et une autre avec des agents chargés d’infiltrer les milieux révolutionnaires irlandais. Ce n’était pas la police qui faisait cela, ni même les services secrets, puisque nous étions sur le territoire britannique. Les Israéliens font également cela depuis plusieurs décennies dans les territoires occupés et les Américains font cela depuis le début des années 2000 un peu partout dans le monde.
Pourtant, pendant la Seconde Guerre mondiale, des Anglais ou des Américains étaient parachutés et ils se livraient à ce même type d’actions… À l’inverse, vous avez aussi des espions traditionnels qui sont parfois obligés de se battre sur le terrain…
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