L’entreprise spécialisée dans les capteurs connectés pour la rééducation lève 6 millions.

LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Athanase Kollias, président de K-Invent : « On doit pouvoir chiffrer de manière objective les capacités fonctionnelles de l’athlète. »

K-Invent est une start-up française pionnière dans la conception de capteurs connectés pour la rééducation, la kinésithérapie et la préparation physique. L’entreprise vient de lever 6 millions d’euros afin de se développer dans les objets connectés et la santé.


L’Hebdo-Bourseplus : Vous appliquez la technologie de la télémédecine au service de la rééducation. Comment avez-vous eu cette idée ?

Athanase Kollias : Je suis un ancien sportif de haut niveau et je me suis retrouvé plusieurs fois chez le kinésithérapeute car, quand on fait une dizaine d’entraînements par semaine, on use notre corps et les lésions musculaires ou articulaires peuvent arriver très vite. Le problème, quand on est chez le kiné, c’est que l’on a l’impression de faire toujours la même chose au bout de quelques séances et on a aussi le sentiment de ne pas avoir un suivi objectif. Ce qui m’intéressait, c’était de pouvoir reprendre mes entraînements le plus rapidement possible. Mais le kinésithérapeute doit avoir des éléments de décision à partir de certains chiffres précis. J’ai senti que les évaluations étaient basées sur la perception subjective du kiné et aussi sur ma perception de la douleur. Je me suis dit qu’il y a des secteurs où les décisions sont prises sur des chiffres précis et que, dans la rééducation, on pouvait faire la même chose.

C’est pour cette raison que j’ai créé K-Invent avec d’autres collègues, qui ont eu la même problématique, pour apporter une solution permettant au patient et au kinésithérapeute de suivre les progrès d’une manière objective. Nous allons aider le professionnel à évaluer efficacement toutes les capacités fonctionnelles d’une personne en rééducation et ainsi prendre des décisions basées sur des chiffres. Je vais prendre un exemple concret : le retour au sport après une chirurgie du ligament croisé. Cela arrive très souvent, c’est une pathologie courante et nous travaillons avec des cabinets qui ont plus d’une centaine de cas par an. C’est une pathologie qui arrive très souvent à des athlètes, mais aussi à des sportifs du dimanche qui vont courir à la montagne et qui peuvent se retrouver avec cette problématique. Le retour au sport peut être très long, cela peut durer neuf mois, il faut faire très attention. Il ne faut pas aller trop vite sur le terrain, donc on doit pouvoir chiffrer de manière objective les capacités fonctionnelles de l’athlète. Nous faisons des tests qui apportent des chiffres, notamment sur la force ou la capacité d’équilibre, et cela permet d’appuyer la décision d’aller sur le terrain, car il est important de ne pas y aller trop tôt.


Cela signifie que la douleur n’est pas un paramètre et que, parfois, le sportif veut abandonner alors qu’il pourrait poursuivre son entraînement en se forçant un peu ; à l’inverse, il peut se sentir prêt à continuer, alors que son corps n’est pas en mesure d’absorber cet effort…

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