France 2022 : les défis d’une économie chancelante aux trois déficits.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 17 décembre 2021 (numéro 1.117) : “Equipementiers de l’automobile : le tournant électrique et durable ”. Bonne lecture !!!
L’état de la France : perspectives 2022. La France détient un record du monde, ou presque, celui du pourcentage des prélèvements obligatoires dans le PIB. Par ailleurs, avec la désindustrialisation qui s’est faite galopante depuis une vingtaine d’années, avec un coup d’arrêt semble-t-il depuis 2017, mais une faible reconquête, on se retrouve avec structurellement une Economie de consommation, de consommation de produits importés. Nous alignons donc le triste sort d’avoir à la fois un déficit étatique colossal (dépenses publiques + dépenses d’assurance sociale et de retraite), qui représente 7 à 8 % du PIB, une dette qui explose (près de 3.000 milliards d’euros soit une année un quart de PIB), un déficit de la balance commerciale conséquente (près de 90 milliards en 2021 et 96 milliards attendus en 2022), et un déficit de la balance des paiements qui est d’autant plus accentué que nos traditionnelles recettes touristiques en provenance de visiteurs internationaux sont moins importantes du fait de la pandémie Covid-19.
Nos talents s’en vont.
Faut-il se suicider ? La question se pose. Globalement, l’Economie française importe une main-d’œuvre non qualifiée, demandeurs d’asiles ou clandestins, quelques personnes qualifiées qui viennent faire des études en France et qui y restent travailler, développant de la richesse et exportent des jeunes chercheurs de grande qualité, qui vont développer du PIB ailleurs dans le monde, en Amérique du Nord, au Royaume-Uni, en Allemagne… Le système fiscal et social dissuade un grand nombre de talents de rester en France, et il fait office de pompe aspirante pour ce qui concerne la misère du monde, qui est vaste comme tout le monde le sait. Vu du Mali, du Niger, du Soudan, d’Ethiopie, d’Afghanistan ou même de Turquie, la France est une sorte de paradis. Même si on est entré en fracturant la porte, le taux d’expulsions des personnes déboutées du Droit d’asile en particulier ou sans papiers en général est tellement faible que le jeu en vaut la chandelle. Pour faire ses fins de mois, la France a vendu (certains disent bradé) beaucoup d’entreprises. C’est bien sûr la division Energie d’Alstom, qui a été rachetée par le groupe General Electric, cela a fait polémique, de par l’implication de l’actuel président de la République, candidat à un second mandat, qui était alors conseiller pour les affaires économiques du président François Hollande. Il ne faut pas oublier que Lafarge est passé sous pavillon suisse dans la période récente, et qu’il y a plein d’autres affaires qui ont succédé au désastre Péchiney. Au fur et à mesure des recapitalisations, la compagnie chinoise China Eastern monte en puissance dans le capital du groupe Air France-KLM, l’Etat ne peut plus aller au-delà de sa participation actuelle, et l’Etat néerlandais s’est fait diluer lors de la dernière opération de recapitalisation, il est totalement invraisemblable qu’il suive la prochaine augmentation de capital.
Même la R & D s’en va.
Dans les services, il y a belle lurette que le groupe Accor n’a plus un actionnariat français. Deux entreprises chinoises se partagent le tiers du capital, des entreprises du Moyen-Orient un bon cinquième. Quand il n’y aura plus rien à vendre, on bradera les réserves du Louvre, et il est vraisemblable que l’on demandera à Ubisoft de lancer des NFT (Non-Fungible Tokens) qui permettront aux riches nord-américains, sud-américains, sud-africains ou résidents du la péninsule arabique de s’offrir la chambre du Roi, virtuellement, au château de Versailles ! Il y a des entreprises françaises de grandes dimensions qui font de belles opérations. Cela fut le cas de Peugeot SA, le groupe PSA ayant fusionné avec Fiat Chrysler Automobile (FCA), et, de par la voix prépondérante de Carlos Tavares, les actionnaires français sont majoritaires dans le conseil d’administration. Même si Bpifrance, allié à la famille Peugeot, représente une part à peu près équivalente à la part détenue par Exor, de la famille Agnelli, Stellantis est une entreprise franco-italo-américaine qui devra préserver ses équilibres pour ne pas avoir de crise de gouvernance.
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