Un croquis d'un immeuble

Vacance commerciale : une situation contrastée sur les grandes artères parisiennes.

IMMOBILIER

✍️ Par Nicolas MIGUET

Knight Frank, conseil international en immobilier, publie son nouvel « Essentiel du commerce » dans lequel il dresse un état des lieux des grandes artères parisiennes à la fin du deuxième semestre 2021 : « Si l’impact de la cinquième vague est encore impossible à évaluer, le risque est potentiellement plus élevé à Paris. Son marché des commerces est en effet le plus exposé à la rechute du tourisme international et à la généralisation du télétravail, alors que les grandes artères de la capitale profitaient depuis quelques mois du retour progressif au bureau des salariés et du rebond des arrivées de visiteurs étrangers. » Pourtant, « depuis quelques mois, le contexte s’était amélioré et nous pouvions observer un certain regain d’activité sur le marché des commerces, notamment illustré par l’accélération des premières ouvertures d’enseignes étrangères. »

Sur le marché du luxe, pénalisé par la baisse de fréquentation des touristes étrangers les plus dépensiers, la tendance est plutôt à la stabilité du nombre d’ouvertures : « 28 boutiques de luxe ont été ouvertes depuis le début de l’année 2021 à Paris. Sur l’ensemble de l’année, les inaugurations seront aussi nombreuses qu’en 2020 mais bien moins qu’avant la crise, puisqu’on recensait en moyenne 45 ouvertures chaque année entre 2015 et 2019 ». Loin de la phase d’expansion du début des années 2010, qui avait notamment vu l’arrivée de nouvelles enseignes étrangères et l’exploration de « nouveaux » territoires comme la rive gauche et le Marais, le marché du luxe parisien est aujourd’hui dans une phase de consolidation. Accélérée par la crise sanitaire, cette tendance se caractérise par une surreprésentation des grands groupes et un resserrement de la géographie du luxe au profit des emplacements les plus prestigieux. Par ailleurs, « si l’on se penche sur l’ensemble des grandes artères parisiennes, le taux de vacance n’a pas augmenté autant que ce que l’on pouvait craindre, ce que l’on doit probablement à l’amélioration du contexte économique, au rebond de fréquentation constaté sur certains axes, ainsi qu’aux mesures mises en place par l’État pour soutenir les commerçants. Néanmoins, la vacance commerciale est bien orientée à la hausse ».

Le taux de vacance demeure élevé sur certains axes, comme le boulevard Saint-Michel, où il frôle les 18 % malgré une baisse de près de deux points en six mois, et tend à augmenter dans les rues voisines d’artères prime ou sur leurs portions les moins attractives. Sur d’autres grands axes, la vacance est en revanche quasi inexistante, comme rue de Passy (1 %). Dans le Marais, elle se stabilise à des niveaux assez faibles, avec des taux proches de 5 % rue Vieille-du-Temple et rue des Francs-Bourgeois. Le changement est encore plus frappant rue de Rennes : s’établissant à près de 10 % fin 2020 puis à 9 % à la fin du 1er semestre, le taux de vacance y est désormais inférieur à 7 %. L’étude Knight Frank indique que « la mode reste l’un des grands animateurs du marché parisien des commerces. En revanche, le solde est négatif pour le secteur des services (agences bancaires et de voyages, bureaux de change, etc.), l’un des plus exposés à la digitalisation des modes de vie, et celui de la beauté, fragilisé par la crise sanitaire. »

Enfin, pour les prochains mois, la reprise brutale des contaminations et l’apparition du variant Omicron portent de nouveau l’incertitude au plus haut, augurant de moments particulièrement difficiles pour les commerçants les plus fragilisés par les précédentes vagues épidémiques. Plusieurs éléments permettent néanmoins de garder espoir : le succès des campagnes de vaccination limite le risque de nouveau lockdown, commerçants et clients sont désormais familiers des mesures de protection sanitaire et l’économie est repartie bien plus vite que ne l’avaient prédit les prévisionnistes. Enfin, les touristes étaient de plus en plus nombreux à revenir à Paris, signe de son attrait toujours important auprès de la clientèle internationale.

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