Cyber-attaque : la résilience commence dès la première seconde.

AVIS D’EXPERT

✍️ Par Nicolas Bonte, vice-président Europe du Sud d’Everbridge.

Depuis une vingtaine d’années, les crises de plus en plus rapprochées et diversifiées que nous traversons obligent les directions générales à des actions préventives et curatives multiples. Cette prise de décision est l’un des paramètres qui permettent d’accompagner les effets de la crise, dont l’étymologie gréco-latine nous apprend qu’elle relève d’une manifestation violente et brutale, mais aussi qu’elle engage le jugement comme la décision. Décider est donc inhérent à toute crise, à commencer par ce qui relève de son anticipation. Une étude Forrester récente nous apprend que les organisations qui préparent en amont et de manière globale à la gestion de crise sont celles qui parviennent le mieux à minimiser l’impact des incidents qui viennent les frapper : maintien de leur chiffre d’affaires, sécurité des clients comme du personnel, image de marque et réputation préservées.

On ne le dira jamais assez : dans une crise, la rapidité de réponse est un facteur majeur, et nous pouvons encore l’améliorer dans les cyber-attaques auxquelles nous sommes soumis ces temps-ci. La technologie nous est ici d’un ressort essentiel. L’information et l’alerte rapide sur la crise en cours peuvent désormais être mis en place grâce à des outils de communication de masse qui vont aider l’ensemble des acteurs de l’organisation à faire face à l’urgence qui les frappe. Cet outil constitue une innovation majeure qui a été testée à plusieurs reprises ces dernières années. Ses modalités visent à déclencher une communication multimodale dès que la rupture apparaît. En cas d’attaque cyber, on privilégiera par exemple le SMS, le push App ou le téléphone. La possibilité existe également de faire dérouler un message sur l’ensemble des écrans de l’entreprise, depuis ceux des ordinateurs jusqu’à ceux que l’on trouve à l’accueil. On pourra encore avoir recours à un voice mail, c’est-à-dire à un robot qui aura été pré-enregistré par le directeur ou le dirigeant de l’organisation… Il existe des dizaines de canaux, qui tous peuvent être déclenchés. Dans certains cas, il faut moins de trois minutes pour prévenir plusieurs centaines de milliers de personnes, sur le mode « attention attaque en cours, merci de vous déconnecter ».

Cette préparation amont est un facteur majeur de la résilience et de la reconquête d’après-crise. C’est en travaillant en anticipation que de précieuses secondes pourront être gagnées une fois la cyberattaque déclenchée. Les trois ou quatre premières actions sont centrales : ce sont elles qui vont tracer un chemin. Elles vont être la plateforme de la cellule de crise. Ces actions auront un impact interne sur les salariés, afin que ceux-ci ne demeurent pas dans l’expectative, en état d’attente ou de sidération. Aux États-Unis, désormais, 99 % des entreprises sont dotées d’un outil de communication de masse qui leur permet, une fois la crise déclenchée, de se mettre instantanément en mouvement. En Europe, ce chiffre est estimé à 20 %, chiffre encore imprécis, mais qui donne toutefois une tendance…

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