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Le record historique est tombé, à quand les 7.000 points ?
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
Cette fois-ci, les changements attendus dans les politiques des Banques Centrales sont passés au stade de la réalité des faits. Ce mercredi soir, le « Tapering » est mis en place par la Réserve Fédérale américaine à un rythme de réduction des achats de 15 milliards de dollars par mois. A cette vitesse-là, la fin complète des opérations de ses rachats d’actifs sur les marchés se terminerait virtuellement aux alentours de juin 2022. Les taux d’intérêt ne seraient pas touchés d’ici-là sachant que la Fed continue de considérer publiquement que l’inflation reste passagère malgré son ampleur et sa propagation aux salaires outre-Atlantique. En Europe, la BCE voudrait faire croire aux marchés que non seulement elle va maintenir ses volumes de rachats d’actifs mais aussi les taux au niveau de la mer. Les inquiétudes sur l’inflation sont balayées d’un revers de main sachant, dixit l’honorable institution, que celle-ci ne serait là encore que temporaire. On notera par ailleurs, que les Banques Centrales du Canada, de l’Australie et de la Grande Bretagne prennent les choses beaucoup plus au sérieux et s’apprêtent à agir en conséquence.
En Clair, la BCE et dans une moindre mesure la Fed, invitent la spéculation mondiale à poursuivre ses achats acharnés quelques soient les niveaux des cours ! A la Bourse de Paris, avant même l’annonce qui était largement anticipée par les intervenants, les acheteurs se sont encore rués sur les valeurs du secteur du « luxe » et les valeurs bancaires. Ces titres-là ont la particularité d’offrir des dividendes généreux comparativement à ce qu’offrent actuellement les obligations y compris celles du secteur privé. A en juger par leurs capitalisations stratosphériques rapportées à leurs chiffres d’affaires respectifs, la question de la pérennité de leurs niveaux de rendement ne semble pas être abordée par les analystes au-delà de deux à trois ans. D’ici-là, les niveaux des taux d’intérêt obligataires risquent d’être beaucoup plus élevés que les zéros actuels ne serait-ce qu’en raison du niveau de l’inflation qui ne cesse de s’amplifier. Si à cela, il faudrait ajouter la très forte dégradation de la qualité de signature des Etats européens emprunteurs dont la masse de l’endettement global a explosé à la hausse après la crise sanitaire, il va être de plus en plus difficile de trouver des prêteurs sans un très fort ajustement des rendements obligataires à la hausse. Le basculement des investisseurs des actions vers les obligations ne pourrait alors se faire qu’avec une forte chute des capitalisations boursières compte tenu de la prime de risque actuelle extrêmement élevée sur les secondes.
N’oublions pas qu’à un moment donné, il va bien falloir remettre sur les marchés les montagnes de dettes publiques présentes actuellement dans les bilans des Banques Centrales et surtout de trouver preneur ! En attendant, tant que les BC ne s’inquiètent pas publiquement des niveaux stratosphériques des actions les plus en vogue, il est très difficile d’anticiper quoi que ce soit sur le court terme, voire sur le moyen terme au niveau de l’évolution des indices boursiers. A La Bourse de Paris, la hausse continue du Cac 40 est toujours et systématiquement tirée par les valeurs du luxe et les bancaires qui globalement représentent plus de la moitié de la pondération totale de l’indice. Cela est amplifié par-dessus le marché avec les achats des trackers indiciels et les rachats des vendeurs à découvert pris au piège d’une hausse sans fin comme en septembre 2000 ! Aujourd’hui (mercredi soir au même où je rédige cette analyse), le Cac 40 vient justement de battre en clôture son ancien record historique de septembre 2000 que l’on pensait à jamais inaccessible. En réalité, c’est un record en trompe l’œil car il est fabriqué par la satellisation de quelques valeurs seulement qui pèsent beaucoup trop lourd sur l’indice et qu’il est relativement aisé de faire montrer en raison d’un faible flottant face à la puissance de feu des gros intervenants. Quand ils voudront revendre, il y aura forcément de gros dégâts dans le sens inverse sur l’indice.
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