Désertification médicale : l’inquiétude d’un maire en recherche de médecin.

LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Jean Ferrand, maire de Champ-Saint-Père (Vendée) : « L’ARS répond que c’est compliqué et qu’ils ne peuvent pas trouver un médecin en ouvrant un tiroir. »

Le non-remplacement d’un médecin, qui part à la retraite après avoir effectué toute sa carrière à Champ-Saint-Père, est mal vécu par la population. Le praticien a l’une des plus importantes clientèles de Vendée et il accueille aussi des patients des localités environnantes. En lien étroit avec la commune depuis de long mois, il a fait des démarches pour trouver un successeur. Jean Ferrand, maire du village, souligne que plusieurs pistes sont toujours activées. Si l’installation d’un médecin libéral n’aboutit pas, la piste d’un médecin salarié est toujours possible. Des courriers ont été adressés aux instances compétentes en ce sens. Les élus nationaux (députés et sénateur de circonscription) ainsi que le ministre de la Santé ont été sollicités pour appuyer la demande de la commune.


L’Hebdo-Bourseplus : Vous êtes situés à 20 kilomètres de la mer, au sud de la Vendée et vous avez de nombreux commerces, vous n’êtes donc pas dans un territoire peu attractif. Comment expliquez-vous les difficultés que vous rencontrez pour recruter un médecin ?

Jean Ferrand : Effectivement, nous sommes sur un territoire attractif. Nous avons vu passer un ou deux médecins, notamment un qui venait du nord de la France. Il a visité plusieurs communes en Vendée et nous avons su plus tard qu’il avait fait le choix d’aller vivre sur la côte pour être en bord de mer. Je travaille en milieu hospitalier, j’essaye aussi de sonder les professionnels que je rencontre et, quand je discute avec des médecins qui font des remplacements, ils me disent qu’ils préféreraient aller vivre à La Rochelle plutôt que chez nous...

Mais nous espérons bien attirer un médecin d’ici quelque temps. Je pense que c’est une situation que l’on retrouve un peu partout, parce que nous connaissons d’autres communes du département qui sont dans le même cas et les médecins hésitent à aller vivre à la campagne. Le médecin qui va prendre sa retraite à la fin de l’année a une très grosse clientèle, il a plus de 4 000 patients, et nous avons clairement expliqué dans nos annonces que nous avions de la place pour deux médecins.

En plus, le cabinet médical est équipé. Nous avons une pharmacie, des infirmières, donc il est difficile de comprendre ce qui peut bloquer. Quand on s’adresse à l’ARS, ils répondent que c’est une situation générale. C'est difficile à expliquer, les médecins préfèrent aller davantage vers les hôpitaux ou dans les villes. Je pense que les médecins ne veulent plus se retrouver dans un cabinet à devoir gérer bon nombre de patients, comme pouvait l’être le médecin de famille à une autre époque. Notre médecin prenait ses premiers patients à 7 heures du matin et il était encore là à 19 heures... Tout cela est bien fini. Nous avons aussi un EHPAD avec 73 résidents. C’est un gros souci, puisqu’ils n’auront plus de médecin le 1er janvier prochain, mais l’ARS répond que c’est compliqué et qu’ils ne peuvent pas trouver un médecin en ouvrant un tiroir.

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