Des pièces de puzzle qui s'emboitent

Optigestion analyse la situation des marchés.

ANALYSE

✍️ Par Yannick URRIEN

Optigestion dresse le bilan de septembre et nous livre son analyse sur les tendances des prochaines semaines : « Le mois de septembre n’a pas été favorable aux marchés des actions. Les indices américains et européens ont connu des baisses significatives accompagnées d’un retour de la volatilité. Plusieurs événements expliquent ces mouvements. Aux États-Unis, la FED a préparé les marchés à la mise en œuvre d’un tapering avant la fin de l’année qui conduirait à un arrêt du programme d’achats d’actifs vers la fin 2022. L’inflation a fait son retour sur le devant de la scène et devrait, selon Jerome Powell, durer plus longtemps qu’initialement anticipé. En conséquence, les taux longs sont remontés au-delà de 1,50 % sur l’emprunt d’État américain à 10 ans. La Chine est déjà confrontée au ralentissement de son activité économique.

De plus, elle est rattrapée par les déboires du géant immobilier Evergrande. Cet épisode rappelle aux autorités chinoises que la formation de bulles est inévitable. L’Europe, enfin, est immobilisée dans l’attente de la formation d’une alliance tripartite pour gouverner l’Allemagne. À ces événements viennent s’ajouter des préoccupations dont la nature conjoncturelle initiale semble persister au point de dessiner les contours d’une évolution plus structurelle. Ainsi, même si les banquiers centraux maintiennent que l’inflation s’annonce temporaire et devrait se dissiper d’ici la fin 2022, il faudra surveiller avec attention toute révision sémantique probable du discours. »

Dans le même temps, « la hausse des prix à la production trouve ses origines dans une forte reprise de la demande, dans des capacités de production affaiblies par la pandémie, dans des transports désorganisés ou saturés dont les tarifs augmentent en flèche et dans l’augmentation du prix des matières premières. Malgré la vaccination, de nombreux Américains demeurent encore dans l’impossibilité de reprendre leur travail tandis que d’autres ont définitivement renoncé à l’emploi qu’ils exerçaient avant la crise sanitaire, du fait d’une pénibilité qu’ils estiment désormais insuffisamment rémunérée. »

Cette dynamique de hausse des prix arrive au mauvais moment. En effet les sociétés ne peuvent pas se permettre de subir une réduction de leurs marges alors qu’une phase d’investissements considérables débute à peine : « Dans ce contexte, la capacité des entreprises à absorber les hausses de prix qu’elles subissent pourrait s’avérer hors sujet. La sauvegarde des fonds propres, en vue des besoins de financement qui s’annoncent, impose de répercuter les hausses de prix subies. Avec ou sans pricing power, la préservation des marges semble inévitable pour tout dirigeant avisé qui a pris conscience du grand virage qui se profile dans les années à venir. Privilégier l’intérêt du client serait une décision favorable à court terme mais rédhibitoire dans quelques années. Les sociétés les mieux armées sont celles qui disposent déjà de réserves conséquentes, d’un endettement faible et d’une capacité à générer des free cash-flows importants. Cette intransigeance nouvelle est sans doute la caractéristique qui permettra de sélectionner les entreprises susceptibles de s’adapter aux exigences de demain.

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