Entretien avec le secrétaire général de l’Association des maires de France et candidat à la présidence de l’association.

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Philippe Laurent, maire de Sceaux : « Le modèle communal est efficace et moderne. »

Philippe Laurent, maire UDI de Sceaux (Hauts-de-Seine), est actuellement secrétaire général de l’Association des maires de France (AMF) et il s'est porté candidat à la présidence de cette structure, qui est la principale association d’élus locaux en France. En concurrence avec David Lisnard, maire LR de Cannes, l’élu propose de faire de l’AMF un outil de rassemblement et non de confrontation. Il vient de publier un ouvrage sur la décentralisation, intitulé « Maire de toutes les batailles ». « Maires de toutes les batailles : En finir avec l’hypocrisie décentralisatrice. » de Philippe Laurent est publié aux Éditions de l’Aube.


L’Hebdo-Bourseplus : Cette élection à la présidence de l’Association des maires de France semble être particulière cette fois-ci, car le rôle des communes ne s'est jamais autant inscrit au centre des débats que depuis la crise sanitaire, avec la notion de subsidiarité : c’est-à-dire que lorsqu’une décision peut être prise en bas, donc à l’échelon communal, l’efficacité est toujours plus forte que lorsque cela vient du haut… Sommes-nous à un tournant dans l’analyse du rôle de ces différents échelons ?

Philippe Laurent : Nous sommes en effet à une forme de tournant, parce qu’il y a eu une progression de la décentralisation à la fin des années 70 - cela remonte même à 1969, au moment où le Général de Gaulle avait lancé son référendum - avec une prise de conscience au plus haut niveau sur le fait de confier davantage de responsabilités aux collectivités locales. Cela s’est développé jusqu’au milieu des années 2000. Et à partir de ce moment-là, en raison de la crise financière, la haute administration a repris la main. Les politiques qui se sont succédé ont freiné ce mouvement de recentralisation, sans réussir à le stopper. Quant à Emmanuel Macron, il ne l’a pas freiné, parce qu’il ne comprend pas comment cela fonctionne.

Ce n’est pas politique, c’est vraiment culturel. Nous sommes arrivés à un moment où il y a une rupture de confiance entre la haute administration et les collectivités locales. Parallèlement à cela, les maires ont montré que leurs actions étaient bénéfiques pour le quotidien de leurs concitoyens. D’ailleurs, on observe que la confiance des Français à l’égard de leur maire atteint les 70 %.

Donc, on assiste à une recentralisation importante, en termes de culture de la gestion publique mais, de l’autre côté, les Français font confiance aux maires. Nous sommes à un tournant. Il faut bien comprendre que cela peut contribuer à redresser notre pays, sinon on peut arriver à des blocages. C’est d’ailleurs tout l’objet de mon livre. Cette élection à l’AMF est importante, mais ce constat est partagé par tout le monde, y compris par mon concurrent. Simplement, ce que l’on ne partage pas tout à fait, c’est la façon d’aboutir à ce lien de confiance pour mettre en accord l’aspiration des Français à ce que les maires aient davantage de marges de manœuvre. Je précise que c’est plutôt sur la façon de faire que nous avons des différences. Donc, ce ne sont pas des oppositions.

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