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L’économiste estime que l’assurance vie et le logement sont dans le viseur du gouvernement.
LA RENCONTRE DE LA SEMAINE
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Olivier Delamarche : « Beaucoup de gens continuent de réfléchir avec le même logiciel qu’avant, sans s’apercevoir que les données changent et que l’environnement change. »
Il y a quelques années, on le présentait comme l’économiste préféré des Français, mais il a été écarté de la chaîne BFM en raison de son discours sans langue de bois. Depuis, il continue fort heureusement de se faire entendre sur d'autres médias. Olivier Delamarche a été membre de la Société française des analystes financiers (SFAF) et l’un des fondateurs de Platinium Gestion.
L’Hebdo-Bourseplus : Dans vos interventions, depuis plusieurs années, vous arrivez à anticiper ce qui va se passer, mais il est difficile d’analyser la réaction des pouvoirs publics et les conséquences ne sont pas les mêmes. Si vous annoncez qu’une plaque de verre suspendue au plafond va tomber au premier coup de vent et s’écraser, elle cède effectivement au premier courant d'air, mais il y a toujours quelqu’un qui vient tendre une bâche pour éviter qu’elle n'éclate au sol… C’est ce qui se passe depuis plusieurs années. On frôle une grave crise économique, mais il y a un gouvernement pour sortir la planche à billets et donner l’illusion que tout va bien…
Olivier Delamarche : C’est vrai, on ne maîtrise pas le temps. On n’a pas de boule de cristal. On sait que la plaque de verre est de plus en plus branlante et qu’elle va se décrocher mais, pendant ce temps, les choses empirent. Ce n’est pas un scénario avec un sauveur qui arrive au dernier moment pour empêcher la plaque de tomber. Vous avez simplement des gens qui, avec la planche à billets, retardent la chute du plafond de verre, mais dégradent encore un peu plus la situation. Donc, quand vous prendrez la plaque de verre sur la tête, ce sera encore plus violent ! Ce n’est pas du tout neutre.
J’aurais préféré que les choses aillent beaucoup plus vite, car, le jour où ça va tomber, ça va faire mal. Maintenant, on est en train de charger la barque et, quand vous la prendrez sur la tête, vous la prendrez avec dix fois plus de force qu’en 2009 ou 2010. Je me suis trompé en 2012 : je n’ai pas vu le coup venir, parce que j’étais persuadé, dans ma grande naïveté, que les banques centrales et les gouvernements n’iraient pas aller contre l’intérêt de l’économie réelle pour sauver les banques. J’ai pensé qu’ils étaient quand même conscients que ce qu’ils faisaient aller aggraver le problème pour l’économie réelle. Ce n’est pas le règne de l’intelligence, c’est le règne de la bêtise.
On savait que l’on allait dans une direction sans retour possible et que cela allait être terrible. C’est ce qui est en train de se passer. Aujourd’hui, la crise de la Covid est un prétexte pour faire passer toutes les bêtises d’avant et nous supprimer nos libertés les unes après les autres. On se prépare à des lendemains qui vont déchanter de façon épouvantable. Cela fait des années que l’on entend dire que tout cela est la conséquence du capitalisme et du néolibéralisme, mais c’est un tissu de bêtises parce que toute notre politique économique, c’est du socialisme le plus pur !
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