Société. Une analyse exclusive sur l’évolution du contrôle numérique des populations.

LA RENCONTRE DE LA SEMAINE

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Marc Amblard : « La meilleure façon de pénaliser les GAFAM, c’est de développer une contre économie en développant le local. »

En 2016, le fondateur du Forum de Davos, Klaus Schwab, avait écrit : « La 4e révolution industrielle conduira à une fusion de nos identités physique, biologique et numérique. » Depuis, Klaus Schwab est revenu sur ce concept dans son livre « The Great Reset » en expliquant que la crise sanitaire constitue une opportunité pour changer la société. Cela signifie qu’une puce sous-cutanée pourrait contenir toutes les informations sensibles d’un individu (passeport, carte d’identité, données sociales et fiscales, passeport sanitaire...) et qu’en scannant simplement le bras de cette personne, les autorités pourraient contrôler son identité, ce qui éviterait toute falsification…

Aujourd’hui, la crise de la Covid 19 est l’occasion de précipiter ce processus de contrôle numérique. Ainsi, plusieurs nouvelles technologies vont converger, le pass sanitaire n'étant qu'un début, pour déboucher sur un système de contrôle qui modifiera profondément le quotidien des citoyens. Nous évoquons ce thème sensible avec Maître Marc Amblard, avocat au barreau de Paris et de Miami, qui travaille sur ce sujet depuis plusieurs mois.


L’Hebdo-bourseplus : Des entreprises, notamment Thalès, travaillent sur la mise en place d’un dispositif d’identification numérique universel qui fonctionnerait avec le pass sanitaire. Peut-on imaginer pour demain une sorte de laissez-passer sanitaire, social et fiscal, qui permettrait un contrôle de la population à la chinoise ? Nos dirigeants occidentaux sont-ils tentés par cette solution ?

Marc Amblard : Il faut distinguer les dirigeants politiques qui forment les gouvernements et les oligarques qui financent leur campagne et à qui les gouvernants doivent rendre des comptes. Nous en sommes à une situation où les dirigeants politiques rendent plus de comptes à ceux qui ont financé leur campagne et qu’ils ont placés à ces postes, qu’aux peuples. Le système démocratique est un peu mis à mal. Je pense effectivement que la volonté des gouvernants, sous l’impulsion des oligarques, est de contenir la colère des peuples qui gronde depuis quelques années.

On l’a vu avec les émeutes et le mouvement des Gilets jaunes qui s’est répandu sur plusieurs pays. Les oligarques sont des gens qui n’ont pas de limites financières. Leur seule crainte, c’est la colère du peuple, puisque leur seul point faible est leur effectif. Ils sont quelques milliers, alors que nous sommes des milliards. Donc, ils ne pèsent rien numériquement. Ils craignent des soulèvements et ils se dirigent depuis très longtemps vers ce que l’on appelle de l’ingénierie sociale, qui permettrait de mieux contenir les peuples, de les contrôler et de prévenir tous ces mouvements. Je ne dis pas que le peuple acceptera cela, c’est loin d’être acquis, mais je crains que l’on ne se dirige vers une société à la chinoise où les individus seraient repérables, contrôlés et sanctionnables.

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