Un graphique boursier mettant en évidence les lignes de tendance, niveaux de support et résistance

Tentatives de sauvetages tous azimut

ANALYSE GRAPHIQUE

✍️ Par Mustapha GHAILANE

Les marchés sont entrés dans une ère d’incertitudes qui commence déjà à être marquée par une volatilité extrêmement élevée. Entre les décisions attendues à court et moyen terme des Banques Centrales sur la programmation de la diminution progressive des volumes d’achats des dettes obligataires et hypothécaires d’une part et la menace de défaut de paiement du géant immobilier Chinois Evergrande d’autre part, les bourses mondiales ont subi une phase de vacillement à partir de début septembre ponctuée par la forte baisse du lundi 20 septembre. Comme prévu, les institutions centrales et les décideurs de l’empire du Milieu se sont empressés de monter au créneau pour rassurer les marchés. Tels des enfants gâtés et mal élevés, ces derniers ont repris aussitôt leurs sarabandes haussières, faisant fi de toutes les menaces tapies dans l’ombre et pourtant bien réelles. Même le bicoin y va de sa nouvelle flambée, alors qu’il est sous la menace réelle d’une régulation forcée par les autorités des marchés, à l’instar de la Securities and Exchange Commission américaine (la « Sec »), l’équivalent de l’AMF Française. Techniquement, après avoir cassé la ligne de support de son canal haussier majeur passant autour de 6.600 points dès le 15 septembre, l’indice Cac 40 tente actuellement de le réintégrer au forceps, profitant des déclarations lénifiantes des autorités monétaires centrales.

Là encore, la volatilité se traduit par la formation de « gap » haussiers successifs dès l’ouverture des séances de mardi et mercredi, indiquant clairement une manipulation grossière des marchés. Il est évident que pour le moment, les très gros intervenants n’ont aucune envie de voir les marchés repartir à la baisse, et ce, tant qu’ils n’auront pas assuré leurs arrières. Les robots et les algorithmes de spéculation prenant le relais des achats massifs de soutien des banksters constatés en début de semaine. Par ailleurs, il convient de noter que les marchés boursiers ont vu débarquer ces dernières années une cohorte de micro-néo-spéculateurs à travers la toile dont la force collective s’est démultipliée dans le temps avec la hausse ininterrompue des marchés, ce qui a attiré de plus en plus de candidats. La folie des cryptomonnaies illustre parfaitement le comportement de ces nouveaux intervenants qui n’ont encore jamais connu de forte baisse ni encore moins de krach boursier. Ce sont des centaines de millions de petits spéculateurs CFD et autres qui seraient totalement ruinés du jour au lendemain en cas de krach boursier, ce qui provoquerait par ricochet une crise économique majeure du simple fait de la perte de leurs pouvoirs d’achats en tant que consommateurs ordinaires. Si les Banques Centrales et les autorités monétaires ne mettent pas le holà dès maintenant en continuant à encourager le gonflement artificiel et exponentiel des actifs boursiers et immobiliers, la chute viendrait d’elle-même et serait beaucoup plus violente encore.

Autrement dit, le choix se limite désormais entre ralentir au risque de tomber ou fermer les yeux jusqu’à se prendre le mur de face à pleine vitesse ! Or, il semble que plus personne n’ose prendre ce rôle de messager au risque de se faire lyncher par la masse des spéculateurs et les banksters qui les rendraient responsable de la chute à venir des marchés ! C’est vieux comme le monde. Pour reprendre le fil de l’analyse technique, il semble que la hausse prend la forme d’un nouveau canal haussier (voir l’analyse de la semaine dernière) représenté en bleu sur le graphique. Ceci est confirmé par le rebond actuel sur sa ligne de support passant actuellement autour de 6.360 points. Toutefois, à court terme, un nouveau canal secondaire baissier s’est également formé à partir du pic du 13 août de 6.915 points. Le rebond actuel a déjà ramené les cours au contact de sa ligne de résistance passant actuellement vers 6.670 points. On notera par ailleurs que les cours sont également passés en dessous de leur nuage « Ichimoku », souvent synonyme de l’entrée dans une phase de baisse prolongée. Vont-ils réussir à les hisser au-dessus de ces deux éléments techniques pour faire croire aux robots, algorithmes et autres néo-spéculateurs que la hausse serait déjà revenue ? Le passé récent a montré qu’ils en sont parfaitement capables, aussi bien les initiateurs que les suiveurs. Peu importe le breuvage, pourvu qu’il y a l’ivresse !

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