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Crédit immobilier : les tendances du marché.
LA VIE DE L’IMMOBILIER
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Sophie Ho Thong, directrice des affaires juridiques et de la communication de Finance Conseil : « On ne va pas prendre en compte le secteur géographique et on ne va pas prendre en compte non plus la consommation énergétique du bien. »
Sophie Ho Thong a une expérience de 13 ans dans le monde du courtage en crédit. Elle a été à la direction de plusieurs enseignes nationales et elle est également membre de commissions à l’Orias et à l’ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution). Elle vient d’intégrer le groupe Finance Conseil en tant que directrice des affaires juridiques, de la communication, de la stratégie et des relations publiques. Finance Conseil compte plus de 60 succursales et 200 collaborateurs, et réalise plus d’1,5 milliard d’euros de crédits immobiliers et professionnels. L’enseigne se situe à la seconde place des réseaux nationaux de courtage en crédit intégrés et intervient sur tous les besoins de l’entreprise, ce qui en fait le leader en matière de crédit professionnel.
L’Hebdo-Bourseplus : Les autorités financières ont décidé de rendre contraignantes les règles concernant la durée des prêts à l’habitat et la part de remboursement dans les revenus de l’emprunteur. Cette mesure va-t-elle changer beaucoup de choses dans l’octroi des prêts à la consommation ?
Sophie Ho Thong : Non. Nous avions déjà une approche en matière de risques et nous étions dans les clous avec la plupart des partenaires bancaires. Ces règles sont maintenant obligatoires, mais on ne connaît pas encore la nature des sanctions. Nous avons quand même eu un assouplissement, puisqu’en 2019 nous avons eu l’autorisation de sortir de ces règles à hauteur de 15 %. Les professionnels ont tiré la sonnette d’alarme sur la conséquence que cela pouvait avoir sur les jeunes aux revenus modestes et il y a eu un assouplissement fin 2020 portant le taux d’endettement à 35 %, avec une durée de 27 ans, au lieu de 25 pour les cas spécifiques, et la dérogation est passée de 15 à 20 %. Déjà, nous avons eu un peu plus de latitude pour accompagner notre clientèle. Pour les revenus modestes, les primo-accédants et les seniors, même si le reste à vivre est important, nous savons que nous ne pourrons pas accompagner tout le monde et c’est évidemment préjudiciable. On ne critique pas la volonté d’être vigilant sur l’octroi des crédits, mais quand on lit le communiqué officiel indiquant que cette recommandation a permis d’interrompre la dérive des conditions d’octroi, c’est faux. Il n’y a jamais eu de dérive de la part de nos partenaires bancaires, car ils ont toujours été très prudents en faisant une analyse au cas par cas.
Malheureusement, on va traiter de la même manière une personne qui aura 800 € de reste à vivre et une autre qui aura 3000 € de reste à vivre, si leur endettement est supérieur à la norme : donc, on ne va pas prendre en compte le secteur géographique et on ne va pas prendre en compte non plus la consommation énergétique du bien. On pourra avoir des factures énergétiques très élevées et les dépenses contraintes ne seront pas prises en compte dans le calcul de l’endettement. À l’heure où l’on veut accompagner la transition énergétique, je pense qu’il aurait été de bon augure de profiter de ce moment pour analyser différemment les conditions d’octroi en ayant une approche différente en fonction du DPE. On aurait ainsi pu favoriser les emprunteurs qui se dirigent vers un bien moins énergivore et qui s’engagent à réaliser des travaux.
Les gens ont maintenant appris à préparer leur dossier de crédit, par exemple en abandonnant une location de voiture pendant quelques mois et en limitant leurs charges d’une manière générale. Mais, une fois le crédit obtenu, rien ne les empêche de se réendetter… Tout cela ne permet-il pas de passer au-dessus de ces nouvelles normes ?
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