La députée ouvre le dossier des aides à la presse.

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Emmanuelle Ménard, députée de l’Hérault : « J’estime que l’indépendance financière d’une publication est indispensable pour son indépendance éditoriale. »

Les aides à la presse sont multiples, directes ou indirectes, or personne ne sait ce qu’elles représentent exactement, tant elles sont protéiformes, entre la page de publicité d’une collectivité locale, les abonnements de complaisance, mais aussi la TVA réduite et les subventions… Emmanuelle Ménard, journaliste de profession, ouvre ce dossier en déposant une proposition de loi afin de remettre en cause ce système : « Le secteur de la presse n’est en rien différent des autres secteurs économiques : il doit être aussi soumis à l’exigence de rentabilité, qui est le seul indicateur qui permet de mesurer l’adéquation du service aux besoins et aux désirs des consommateurs de médias. La poursuite de l’octroi d’aides publiques importantes au secteur de la presse maintient artificiellement en vie des titres de presse qui n’ont plus ou très peu de lecteurs. Les 660 millions d’euros supplémentaires alloués au titre des aides Covid 19, soit plus de 10 % du chiffre d’affaires de la profession, n’ont pas arrangé les choses.

Or, nos finances publiques sont malades et leur situation appelle des décisions courageuses et des arbitrages clairs. L’État, dont le budget et les recettes s’érodent, se trouve dans l’obligation de réduire drastiquement ses dépenses. Pour ce faire, des choix s’imposent. » Emmanuelle Ménard ne remet pas en cause toutes les aides : « Aujourd’hui, seules les aides directes à la presse sont transparentes, quand les aides indirectes sont distribuées dans l’opacité la plus complète. Ce système maintient malheureusement le statu quo envers les bénéficiaires des aides et leur renouvellement est extrêmement compliqué. Il convient donc d’augmenter les aides directes à la presse afin de pouvoir en faire bénéficier de nouveaux titres, et de diminuer de façon drastique les aides indirectes. » Elle répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.


L’Hebdo-Bourseplus : Quelles raisons vous ont incitée à vous lancer dans cette réflexion sur les aides publiques à la presse ?

Emmanuelle Ménard : Cela fait longtemps que je réfléchis à ce sujet et cela fait longtemps que ces aides à la presse, qui sont distribuées massivement, me chiffonnent, pour ne pas dire plus... D’abord, j’étais journaliste avant d’être députée. J’ai notamment été la rédactrice en chef de la revue Médias et, déjà, à ce moment-là, je travaillais sur le sujet car j’avais remarqué que ces aides étaient distribuées parfois de manière très injuste. Il y a très peu de transparence et je m’aperçois que les Français ne connaissent pas très bien le sujet.

Quand je suis devenue députée, je me suis dit que c’était l’occasion, pendant les projets de loi de Finances, de pousser mes idées. Chaque fois que je fais état de cette profonde injustice - je parle d’injustice, parce que tous les titres ne sont pas à égalité devant les subventions de l’État - je constate que les gens connaissent mal ce système des aides directes et indirectes.

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