Entretien avec le prêtre, philosophe et théologien.

LA RENCONTRE DE LA SEMAINE

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Abbé Guillaume de Tanoüarn : « En tant que prêtre, j’ai le devoir de défendre la liberté. »

L’Abbé Guillaume de Tanoüarn est une figure importante du catholicisme traditionaliste. Il est cofondateur de l’Institut du Bon-Pasteur, directeur du Centre Saint-Paul et rédacteur en chef d’Objections et de Monde & Vie. Ce théologien et philosophe, issu de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, a rejoint la pleine communion avec Rome en 2006 et il a cofondé l’Institut du Bon-Pasteur avec le soutien du pape Benoît XVI. Il est l’auteur de plus d’une dizaine d’ouvrages, dont récemment « Le prix de la fraternité » (Éditions Tallandier – 2018). L’Abbé Guillaume de Tanoüarn, lecteur de L’Hebo-Bourseplus, commente l’actualité de cette rentrée, notamment la situation en Afghanistan, l’assassinat du père Olivier Maire ; mais aussi la vaccination et le pass sanitaire.


L’Hebdo-Bourseplus : Dans l’actualité estivale, la France a été bouleversée par l’assassinat du père Olivier Maire. Cette fois-ci, il ne s’agit pas d’un attentat islamiste, puisqu'il a été perpétré par un Rwandais… Cet homme était le présumé incendiaire de la cathédrale de Nantes. Quelle a été votre réaction en apprenant que le père Maire avait hébergé ce Rwandais ?

Le père Maire est un héros ou un abuseur de charité. Accueillir l’incendiaire de la cathédrale de Nantes dans une congrégation religieuse, c’était un défi extraordinaire. Je ne suis pas sûr que les commanditaires du père Maire - parce que je ne pense pas que le père Maire ait agi de sa propre initiative sur un sujet aussi grave, il avait au-dessus de lui des commanditaires - je ne suis pas certain que ses commanditaires aient pris la mesure de la gravité de cette décision.


Qu’entendez-vous par commanditaires ? S'agit-il de la hiérarchie religieuse du père Maire ou de la préfecture ?

Je parle des religieux. Le père Maire n’a pas pu prendre seul une décision semblable et on lui a demandé, comme un service, de recueillir cette personne qui, après avoir totalement incendié le buffet d’orgue de la cathédrale de Nantes, était quand même considérée comme dangereuse. La question est de savoir si la charité nous oblige à ces actes dangereux et si la charité est un but en soi. Faut-il agir avec charité sans discrimination, sans réflexion, et sans prudence ?

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