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Le Covid-19 amène deux zombies en Bourse.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 10 septembre 2021 (numéro 1.103) : “Immobilier : gare aux remontées de taux.”. Bonne lecture !!!
Pierre & Vacances : une croissance rapide grâce aux épargnants.
Pierre & Vacances, c’était le chargé de l’exploitation, à la fois pour la gestion, le recrutement des locataires, l’entretien… Dès le début des années 1970, le groupe s’est développé dans d’autres stations des Alpes et dans des sites balnéaires, en participant à des projets touristiques assez nombreux, en faisant parfois l’acquisition de sociétés ou en reprenant des sites. A la fin des années 1970, le groupe proposait une sorte d’optimisation fiscale, déduction de la TVA, loyers garantis, bien évidemment si la location de l’appartement était confiée à Pierre & Vacances. A la fin des années 1980, c’est une vingtaine de résidences qui sont en gestion à la montagne et à la mer, en France métropolitaine, aux Antilles. On ne dira pas que Gérard Brémond a eu la folie des grandeurs, mais il avait quand même une ambition particulièrement dévorante.
Pour faire la promotion de sa station d’Avoriaz, il a créé le festival du film fantastique, et, peut-être que cela a déteint sur le personnage, créant une ambition… fantastique ! En 1999, Pierre & Vacances est entrée en Bourse, pouvant battre monnaie, et s’offrant Orion Vacances, puis le groupe néerlandais Gran Dorado, les résidences MGM et, cerise sur le gâteau, 100 % du groupe Center Parcs Europe en 2003. C’était presque le triomphe lorsque, il y a moins de quinze ans de cela, en février 2007, le groupe a créé une filiale commune avec le géant Disney pour le projet de Villages Nature Paris. Mine de rien, c’était un projet de 1,8 milliard d’euros, 5.000 appartements répartis dans quatre villages thématiques situés à quelques kilomètres des parcs de Disneyland Paris. Il n’y avait vraiment pas du tout de limites pour le développement du groupe, qui s’est effectué essentiellement avec l’aide de financiers extérieurs, outre les particuliers qui faisaient confiance pour développer et gérer leur patrimoine. 
HNA : défaut du partenaire chinois.
Il y a eu la mise en place de beaucoup de lignes de crédit pour faire les acquisitions, pour multiplier les investissements, dans une sorte de course en avant. En 2016, Brémond signe une coentreprise avec le groupe chinois HNA à 60 %, détenant 40 %, pour développer, sous une marque locale, un concept cloné des Center Parcs. Peu de temps après l’inauguration, en octobre 2017, de Villages Nature Paris, le groupe avait nommé Olivier Brémond, fils aîné de Gérard Brémond, comme directeur général, le fondateur restant président. HNA, son actionnaire chinois, décide de s’en aller à la fin de l’année 2018, cédant ses parts à la holding de contrôle détenue par Gérard Brémond. Obligé de reprendre les rênes en direct, Gérard Brémond a nommé, au début de l’année 2021, Franck Gervais, ancien patron de la branche Europe du groupe Accor, au poste de directeur général de la société… tout le monde le voit sous forme de liquidateur. L’entreprise Pierre & Vacances-Center Parcs a vu son CA culminer à 1,6 milliard d’euros pour l’exercice se terminant le 30 septembre 2019.