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Banques traditionnelles : notre liste noire.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 3 septembre 2021 (numéro 1.102) : “Crise Covid-19 : les entreprises zombies.”. Bonne lecture !!!
Dans notre n°1099 (toujours disponible sur www.bourse.fr), nous avons regardé les pièges des “banques en ligne”. Comme promis, voici le tour des grandes banques à risque, celles qu’il faut éviter. On a beaucoup parlé, au début des années 2010, de la crise grecque, mais on n’a très peu parlé de la crise chypriote. Pourtant, cette dernière est bien plus riche d’enseignements. Cela a amené la Banque centrale européenne et la Commission européenne à instaurer de nouvelles règles concernant la sécurité des avoirs dans les banques installées à l’intérieur de l’UE, avec des dispositions qui stipulent notamment que, en cas de défaut d’une banque, on commence d’abord par prendre l’argent « là où il est » à savoir sur les comptes des clients.
En cas de problème, on vous prendra tout au-dessus de 100.000 €.
Les clients sont créanciers des banques, la nouvelle réglementation boursière dit très clairement que la partie supérieure à 100.000 euros des dépôts sera obligatoirement convertie en augmentation de capital réservée et en actions nouvelles des banques dans lesquelles vous étiez client, si la banque a un souci de solvabilité. Votre banque vous paraît solide ? Méfiez-vous ! Très récemment, il y a eu une nouvelle preuve que les systèmes de protection contre les malveillants ne sont pas 100 % efficaces. Plus c’est gros, plus ça passe ! Mi-juillet dernier, plusieurs agences de différents établissements bancaires de la place parisienne ont été victimes d’une escroquerie aux prélèvements SEPA, qui concernerait, selon différentes estimations, entre 60 et 80 millions d’euros, certains parlent même de plus de 100 millions d’euros qui ont été détournés et qui ont atterri en Israël (pays d’envol de l’organisateur de cette escroquerie). La méthode a été relativement simple, efficace. Des entreprises à faible activité ou à activité nulle ont été rachetées, et leurs comptes ont été activés, via de pseudo-prélèvements au titre de la mise en place de la pompe à chaleur (on a connu les escroqueries au CO2, aux diamants, au Forex, au bitcoin…), l’argent des prélèvements a été crédité sur les comptes de l’entreprise en question.. puis viré, quasi immédiatement, juste avant le jour férié du 14 juillet (fermeture des banques), au moment où l’escroc prenait l’avion, et bien évidemment, il n’y avait plus d’argent sur aucun compte lorsque les banques se sont aperçues que les prélèvements étaient rejetés (légalement une personne prélevée indûment a jusqu’à huit semaines pour rejeter le prélèvement).
Le “miracle” du premier semestre de 2021.
L’an dernier, BNP Paribas et, dans une plus large mesure, proportionnellement, la Société Générale, ont été victimes de l’interdiction de distribuer des dividendes par les entreprises qui bénéficiaient de PGE (Prêt avec garantie de l’Etat), elles avaient monté des dispositifs ultra-sophistiqués (le monde entier nous envie les polytechniciens qui mettent en place ce genre de carabistouille), permettant à différents gestionnaires institutionnels de transformer leur revenu (dividende) en plus-value, sans dividende… Ces produits dérivés ont perdu toute valeur, c’était ballot. Cela avait pénalisé le résultat du S1 de BNP Paribas, mais cela a fait plonger dans le rouge les résultats de la Société Générale, jamais en peine pour faire une manœuvre sophistiquée, soi-disant plus rentable, à l’instar de la banque italienne Monte dei Paschi, fondée au XVe siècle, mais génie des carabistouilles du XXIe.