Le décryptage des émotions au service des entreprises.
LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW
Giuseppe Spinelli, directeur de l’Innovation de MyBrain Technologies : « On mesure l’activité cérébrale de l’humain en conditions de vie réelle. »
C’est le sujet que nous avons souhaiter évoquer cet été, lorsque la science-fiction devient réalité, avec MyBrain Technologies, pionnier français des neurotech. L’entreprise est à l’origine de la première plate-forme et d’un hardware d’acquisition de signaux cérébraux. Non invasive, cette plate-forme décrypte les ondes cérébrales sous-jacentes au comportement et aux émotions humaines. Combinant intelligence artificielle et neurosciences, MyBrain Technologies, grâce à des technologies brevetées, est capable d’enregistrer, analyser et interpréter en temps réel les signaux électriques du cerveau. Plus précisément, un casque modulable permet de réaliser des EEG (électroencéphalogrammes) d’un individu avec une efficacité clinique, en mesurant en temps réel l’activité électrique du cerveau grâce à des électrodes sèches positionnées sur le cuir chevelu. Ces signaux cérébraux sont transmis sur une plate-forme digitale qui, via plusieurs intelligences artificielles, traduit et comprend différentes dimensions émotionnelles et cognitives.
Avec l’IA et les neurosciences, il est possible de détecter et traiter des pathologies ou de mieux comprendre le ressenti humain pour adapter l’environnement à ses besoins. Dans un véhicule, par exemple, elles permettent d’analyser et d’anticiper l’état mental d’un utilisateur en interaction avec la machine. Les industries peuvent ainsi mieux adapter le design, l’ergonomie et affiner la symbiose entre leurs utilisateurs et leurs produits. D’autres secteurs comme le luxe, la parfumerie, ou encore la recherche médicale, dans les maladies neurodégénératives, par exemple, collaborent avec la start-up pour concevoir de nouveaux environnements. Nous évoquons ce sujet passionnant avec Giuseppe Spinelli, directeur de l’Innovation Lab de MyBrain Technologies.
L’Hebdo-Bourseplus : Dans les films de science-fiction, la technologie permet de décrypter ce qu'un individu pense, à travers ses émotions, or c’est justement ce que vous faites. Le détecteur de mensonges est basé sur nos émotions et, lorsqu’il perçoit une anomalie, comme le cœur qui bat plus vite, il considère que la personne ne dit pas la vérité. Est-ce la base de vos recherches ?
Giuseppe Spinelli : Notre mission, c’est de décrypter le comportement humain, car tout ce que nous pensons est en lien direct avec ce que nous faisons. Il y a un lien direct entre le cerveau et le comportement humain. Aujourd’hui, le comportement humain est mesurable à travers deux méthodologies. Il y a d’abord le déclaratif et l'on peut demander aux gens ce qu’ils ressentent, grâce à des questionnaires. Par exemple, je peux vous demander si vous êtes attentif à mon discours, mais il y a des biais, parce que c’est du déclaratif, donc cela mesure simplement la prise de conscience d’un état mental. En plus, certains phénomènes sont très difficilement quantifiables. Ainsi, la vigilance est quelque chose de fluctuant, donc il est difficile de mesurer cela.
En revanche, on peut mesurer l’activité du cerveau grâce à l’imagerie cérébrale. Il existe plusieurs types de techniques, comme l’IRM, qui mesure l’activité métabolique du cerveau et, après, il y a l’électroencéphalogramme qui mesure l’activité électrique du cerveau. Notre métier est de décrypter les états mentaux des humains grâce à des mesures d’électroencéphalographie. Nous faisons cela grâce à la mise en situation de l’humain dans un contexte réel en utilisant des mesures neurophysiologiques. Concrètement, on pose un casque qui est capable de recueillir cette information du cerveau, dans un contexte de vie réelle, et l'on mesure l’activité cérébrale de l’humain en conditions de vie réelle. Cela peut être l’interaction avec certains produits, une situation de conduite autonome, une situation dangereuse, l’exposition à tel ou tel parfum... Aujourd’hui, les méthodologies que nous utilisons s’appuient sur de l’intelligence artificielle car, grâce à l’intelligence artificielle, nous sommes capables d’avoir des indicateurs de l’activité cérébrale. Imaginez qu’un industriel du monde de la parfumerie souhaite tester les émotions vécues par un individu face à de nouveaux produits : aujourd’hui, il a la possibilité d’enregistrer les données cérébrales en conditions de vie réelle, c’est-à-dire quand l’utilisateur est exposé à son produit. Ce sont des indicateurs qui ne peuvent pas être biaisés par du déclaratif, puisqu’ils émanent directement du cerveau.
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