Banques en ligne, les pièges, les arnaques... et parfois les bonnes surprises.

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 6 août 2021 (numéro 1.100-101) : “Banques traditionnelles : les fragiles à éviter.”. Bonne lecture !!!

C’est la mode du moment, du moins pour celles et ceux qui ont accès à Internet (85 % de la population environ), et qui se sentent à l’aise avec des systèmes dématérialisés. Pourtant, comme on vient de le voir avec une déconfiture d’un fonds axé sur les cryptomonnaies basé à Dijon, qui a engouffré pour près de 60 millions d’euros d’épargne récupérés auprès d’environ 3.000 personnes, les banques traditionnelles, ayant pignon sur rue, ont encore de l’espoir, car au moins, comme pour les compagnies d’assurances avec leurs agents généraux, s’il y a une entourloupe, la banque, du moins en théorie, indemnise les victimes. Il faut savoir que les divers établissements financiers « virtuels » sont, du moins pour les plus importants d’entre eux, des filiales des grands établissements.


Les faux-nez des grandes banques.


UHello bank !, c’est une filiale de BNP Paribas. Boursorama, c’est un site détenu à 100 % par le groupe Société Générale. Fortuneo, c’est une affaire qui dépend du Crédit Mutuel Arkéa. La Banque Postale s’y est mise également, avec une offre destinée aux jeunes, et le Crédit Agricole a engouffré des dizaines et des dizaines de millions d’euros de publicité pour faire connaître sa banque en ligne « Mon banquier, c’est moi ». On ne peut pas dire qu’il s’agisse de véritables réussites financières. Si BNP Paribas et le Crédit Mutuel sont arrivés à équilibrer les comptes de leur filiale en ligne, les années se suivent et se ressemblent avec de très lourdes pertes chez Boursorama.com, la SG prétendant qu’il faille investir pour conquérir de la nouvelle clientèle, mais il n’est pas prouvé que, sans les investissements publicitaires et les primes pour attirer les gogo-clients, il y aurait un équilibre des comptes dans le système Boursorama. Chez Fortuneo, si vous y avez votre compte boursier, lorsque vous demanderez (c’est pourtant automatique) à voter en AG via VOTACCESS ou à avoir un certificat de détention de titres pour donner pouvoir ou y participer physiquement, cela vous sera facturé. Fortuneo a connu de gros déboires, et cherche à se rattraper, derrière tout un tas de « gratuités », sur d’autres dossiers, moins visibles, mais tout aussi rémunérateurs.


Zesto et Distingo : pour les liquidités.

Pour un particulier, qui ne cherche pas à mettre en risque ses liquidités, les deux rendements les meilleurs dans le tiercé de tête pour les livrets en ligne, ce sont, comme par hasard, des non-banques spécialisées, mais des entreprises très solides néanmoins, que sont PSAbanque.fr et la filiale financière de Renault (livretzesto.fr). Jusqu’à un plafond de 75.000 euros pour le livret Distingo (de la filiale financière de Stellantis), avec les promotions actuelles, le taux brut annualisé est de 1,39 % par an, ce qui est très correct. Pour le livret Zesto, de Renault, le plafond est à 10 millions d’euros (peu de gens sont concernés), il n’y a pas de promotion, aucun attrape-nigaud, mais il y a un taux brut de 0,8 %. Le taux brut, chez Fortuneo, n’est que de 0,1 % ! Pour attraper le gogo, la SG offre un taux de 2 % pendant six mois jusqu’à 5.000 euros… le taux ordinaire, bien ordinaire, est de 0,15 % par an. Il faut savoir que chez Renault comme chez PSA, devenu Stellantis, si l’on rémunère davantage l’épargne des particuliers, c’est tout simplement parce qu’il s’agit d’une méthode de financement des besoins d’argent pour distribuer de l’automobile par le crédit qui est in fine moins onéreuse qu’un refinancement interbancaire. BforBank, filiale de Crédit Agricole SA, vient tout juste d’être recapitalisée, tout comme Orange Bank, qui n’est pas véritablement un succès (euphémisme). Récemment, la néo-banque anglaise Revolut a été valorisée pour 33 milliards d’euros, ce qui est bien davantage que la SG, qui s’affiche pourtant comme leader français des banques en ligne, via Boursorama.com. Vous croyez gagner du temps lorsque vous utilisez Internet ? Parfois, vous vous trompez…

Pour lire ce numéro (Accès numérique)

Validez le formulaire ci-dessous

Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.

Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.