Les confidences d’un ancien agent du KGB passé à l’Ouest.

LA RENCONTRE DE LA SEMAINE

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Sergueï Jirnov, ancien agent du KGB : « La Russie finance tous les gens qui foutent la merde en France. »

Sergueï Jirnov, ancien espion du KGB, et François Waroux, ancien officier traitant à la DGSE, ont raconté leurs parcours respectifs dans un livre d’entretiens. Sergueï Jirnov a opéré au sein du service des « illégaux » pour l’URSS, notamment pour infiltrer l’ENA. Les deux espions confrontent leurs expériences, leurs analyses et les méthodes utilisées par leur pays. Ils révèlent les secrets du travail sous couverture, les techniques de surveillance, les manipulations, mais aussi les angoisses quotidiennes et les cas de conscience qu’impliquent de telles professions. Sergueï Jirnov revient sur son ancien métier d’agent secret du KGB. « KGB – DGSE. 2 espions face à face » de Sergueï Jirnov et François Waroux est publié chez Mareuil Éditions.


L’Hebdo-Bourseplus : Vous êtes entré de force au KGB, car c’est votre passion pour la langue française, que vous parlez parfaitement et sans accent, qui a amené le KGB à vous recruter…

Sergueï Jirnov : Je faisais mes études de français à l’Institut des relations internationales de Moscou, qui donnait une excellente formation en langues. J’apprenais le français et j’écoutais Radio France Internationale qui diffusait de nombreuses émissions de France Inter, France Culture ou France Musique. De temps en temps, il y avait des concours, parce que la majorité des auditeurs de RFI étaient en Afrique et, pour les fidéliser, il y avait un concours qui s’appelait «Le mot mystérieux » : on devait trouver un mot à partir de lettres en vrac. J’ai pris un dictionnaire et j’ai trouvé le bon mot en décembre 1980. J’ai envoyé un télégramme à Paris. Or, ce télégramme a attiré l’attention du KGB et ils m’ont trouvé. Ils ont constaté que je n’étais ni dissident ni espion, et ils m’ont proposé de travailler pour eux.


Vous n’aviez pas le choix, sinon c’était le goulag…

Exactement ! C’est ce qu’ils m’ont dit. J’ai donc commencé cette formation, mais j’ai changé d’avis au bout de deux ans. En 1982, j’ai dit que cela ne m’intéressait pas trop. Ils m’ont dit que ce n’était pas un problème et je suis allé travailler au ministère du Commerce extérieur. Mais le KGB a tout fait pour me mettre dans un placard. Je ne pouvais pas aller sur le terrain et je ne pouvais pas avoir de contact avec les étrangers. Mon officier traitant du KGB me téléphonait chaque semaine en me disant : « On a respecté ton choix, mais tu en subis les conséquences… » Au bout de trois mois, j’ai compris que je faisais une erreur. J’ai changé d’avis et j’ai intégré l’Institut Andropov.

Pour lire ce numéro (Accès numérique)

Validez le formulaire ci-dessous

Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.

Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.