La Chine veut développer son ''espace vital", l'Australie est dans son viseur.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 16 juillet 2021 (numéro 1.098) : “Automobile : la vraie facture du virage électrique.”. Bonne lecture !!!
La Chine est devenue, ou va devenir, d’ici à quelques années, la première puissance économique mondiale. Il y a quelques jours, le dictateur Xi Jinping a fêté en grande pompe le centenaire du Parti communiste chinois. Lorsque la République populaire de Chine est née en 1949, suite à l’effondrement de la République de Chine de Tchang Kaï-chek et grâce à l’énorme armement américain fourni pour lutter contre les Japonais, sans oublier l’armement japonais (une armée de 850.000 hommes qui capitula, 350.000 prisonniers ne revinrent jamais des camps russes) récupéré en Mandchourie par l’armée rouge dans les tout premiers jours d’août 1945 et qui fut donné gratuitement aux troupes de Mao Zedong, le pays comptait 20 % de la population mondiale mais seulement 3 % de sa richesse. Trente années d’Economie à la soviétique, avec des technologies datant de la France d’avant 1917, des machines-outils récupérées et copiées sur celles vendues à crédit par la France, jamais payées, on ne peut dire que dans les trente premières années le régime, en perpétuelle guerre civile, jusqu’à la « Révolution culturelle », en famine endémique, ait pu prospérer.
La Chine a renoué avec sa puissance millénaire.
Jusqu’au XVIIIe siècle, il ne faut pas oublier que la Chine était le plus puissant empire du monde, la première puissance économique mondiale. Si l’on a découvert l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud, c’est tout simplement parce que les Espagnols et les Portugais cherchaient à ouvrir des voies de commerce vers la Chine, afin de s’affranchir des coûteuses commissions des caravanes qui passaient par la Perse et les pays musulmans (Empire ottoman, pays arabes). Alors que le Japon a connu un sursaut formidable de 1946 au début des années 1990, en Chine, ce n’était pas vraiment le cas. Il y a désormais quarante-trois ans de cela, successeur de Mao, Deng Xiaoping a décidé de passer au capitalisme, afin de développer le pays, et de l’inclure dans le monde. Il a commencé par le commencement c’est-à-dire envoyer des étudiants chinois étudier en Europe et en Amérique du Nord, afin d’acquérir les connaissances et le savoir-faire nécessaires. Il est très intéressant de savoir que la part actuelle de la Chine dans l’Economie mondiale se rapproche de 20 %, alors que celle des Etats-Unis est à peine au-dessus de 15 %. La Chine est devenue le premier exportateur de produits manufacturés, le premier importateur de matières premières.
Plus de 2.000 milliards $ investis à l’étranger.
C’est un système de faiblesse, et la Chine, toujours fortement peuplée même si sa population vieillit, est en train de chercher une extension géographique, et s’est militarisée au cours des vingt dernières années. La croissance géographique vient pour partie du rachat d’un certain nombre d’infrastructures ou d’actifs dans les pays occidentaux, mais il ne faut pas se leurrer : le rachat du port du Pirée à la Grèce n’a été qu’une broutille. En quinze ans, la Chine a dépensé plus de 2.000 milliards de dollars pour entrer au capital de compagnies pétrolières du Kazakhstan à l’Arabie Saoudite, pour acheter partiellement ou totalement des mines en Australie, en Afrique… des banques aux Etats-Unis. Sans faire de bruit, il ne faut pas oublier que la Chine a pris des parts dans le capital de Total, d’Engie, d’Air France-KLM, de Vivendi, d’Accor, de Stellantis comme de CMA CGM… Cela sonne un peu comme un inventaire à la Prévert, mais c’est assez cohérent, en vision d’ensemble. Beaucoup de grandes entreprises d’Etat ont été privatisées, dans les années 1990, mais la plupart du temps, le système chinois est celui d’un capitalisme mixte, avec les municipalités, très endettées, qui sont présentes au capital de beaucoup d’entreprises, dont certaines à vocation internationale. Faute de liberté, une dictature doit assurer à son peuple du pain et des jeux. Le problème, dans la Chine actuelle, cela pourra être le pain, et notamment le porc, viande très courue sur le marché local, lorsqu’il y a des épidémies. Mais il faut aussi ne pas oublier que près de 300 millions de paysans sont sortis de la campagne et sont allés vers le mirage des villes, et des usines de taille gigantesque qui y fabriquent pour le monde entier.
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