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Les prix du neuf augmentent, mais plus modérément.
LA VIE DE L’IMMOBILIER
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Franck Vignaud, directeur du Laboratoire de l’Immobilier : « Attention aux prix trop élevés au cœur des agglomérations. »
La société d’études Laboratoire de l’Immobilier publie la 4e édition de son baromètre des prix de l’immobilier neuf sur plus de 100 villes de France métropolitaine. Son objectif est d’informer les particuliers sur les prix des logements neufs en cours de commercialisation et leur évolution. Un an après la fin du premier confinement, le Laboratoire de l’Immobilier dresse un nouveau bilan de l’évolution des prix de l’immobilier neuf sur les communes de plus de 45 000 habitants. Dans un contexte de chute du nombre des permis de construire autorisés (- 15,1 % pour les logements collectifs entre mai 2020 et avril 2021 selon les chiffres du Ministère de la transition écologique), les prix de vente ont poursuivi leur progression, mais à un rythme plus modéré.
En mai 2021, un appartement neuf coûte en moyenne 4 900 €/m² dans les communes de plus de 45 000 habitants de France métropolitaine. Dans l’ensemble, l’évolution des prix est restée mesurée ces 12 derniers mois, avec une hausse de 2 %. On observe également que les programmes lancés sur des arrondissements plus abordables font fléchir le prix moyen du neuf à Paris : « La fin de la commercialisation de certains programmes dans les arrondissements les plus centraux et une offre plus abondante dans des arrondissements plus abordables, notamment sur la Rive Droite, ont entraîné une baisse mécanique du prix moyen. »
Par ailleurs, les villes qui enregistrent les plus fortes progressions sont Toulouse (+ 6,9 %), Strasbourg (+ 6,5 %), Grenoble (+ 6,2 %). En revanche, les progressions les plus faibles ont été enregistrées au Havre (+ 1,2 %), à Nantes (+ 1,8 %) et à Lille (+ 2 %). Le Havre cumule le prix le plus bas et l’augmentation la plus faible des villes du TOP 15.
L’Hebdo-Bourseplus : Vous venez de publier votre analyse sur le marché de l’immobilier neuf : est-il possible d’avoir une vision de ce marché après les périodes de confinement et aussi un an après les élections municipales, avec le blocage de nombreux chantiers ?
Franck Vignaud : Tous ces événements ont eu un impact en termes de production, puisqu’il y a eu les élections municipales qui ont entraîné un effondrement du nombre de permis déposés. Ensuite, avec la crise sanitaire, il y a eu un arrêt de l’instruction des permis de construire dans les mairies. Donc, il y a vraiment eu un trou dans la production. Il y a également eu un impact sur les prix. Après le premier confinement, on a mesuré une hausse de prix de 3,4 %, donc la rareté et une grosse appétence des ménages pour les logements ont contribué à une augmentation des prix. Un an après, on observe toujours cette pénurie. Il y a une insuffisance de l’offre par rapport à la demande, mais on assiste à un ralentissement de l’évolution des prix, puisque nous avons mesuré une hausse de 2 % en 12 mois. La bonne nouvelle, c’est qu’il n’y a pas eu un effondrement des prix dans les villes : on parle beaucoup d’un exode vers les villes moyennes et la campagne, mais cela n’a pas été le cas.
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