Une nouvelle Politique agricole commune (PAC) qui conditionne un quart des aides aux pratiques agro-écologiques.

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Pierre Venteau, député LREM de la Haute-Vienne : « La segmentation du marché du bio doit permettre de répondre à toutes les attentes des consommateurs. »

Les États membres ont trouvé un compromis sur la Politique agricole commune (PAC) applicable pour sept ans à compter de 2023. « La qualité nutritionnelle et environnementale sera au cœur de notre déclinaison nationale de la PAC, en utilisant les souplesses nouvelles qu’elle offre », explique Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture. Plus verte, plus proche du terrain, mais beaucoup plus complexe, la nouvelle Politique agricole commune (PAC) issue de longues négociations est un monstre réglementaire dont l’articulation est laissée davantage aux États membres. L’enjeu est le suivant : les agriculteurs se voient désormais imposer beaucoup plus de normes environnementales s’ils veulent toucher les aides et l’État envisage de doubler la surface de produits bio d’ici à 2027. Nous évoquons ce sujet avec Pierre Venteau, député LREM de la Haute-Vienne.


L’Hebdo-Bourseplus : Les aides européennes vont être conditionnées au respect de normes environnementales et biologiques. Ce nouveau cahier des charges répond-il aux attentes des agriculteurs ?

Pierre Venteau : Effectivement, il y a un verdissement supplémentaire qui arrive, avec un conditionnement des aides à des objectifs environnementaux, qui se traduiront dans une démarche de certification vers une conversion bio, mais cela peut être aussi le respect d’une part d’infrastructures agro-écologiques. Il y a un certain nombre de façons pour entrer dans ce dispositif de rémunération et il sera toujours possible de l’intégrer par une évolution des systèmes et une amélioration des conditions de production. Nous ne sommes pas en retard puisque 75 à 80 % des exploitations, tous systèmes confondus, peuvent déjà y accéder assez directement. Nous sommes dans une démarche de progrès, avec toujours cette idée de pouvoir accéder à ces paiements à travers certaines diversifications, mais je tiens à préciser que les choses ne sont pas complètement figées.


N’y a-t-il pas une contradiction entre la nécessité d’assurer notre souveraineté alimentaire, ce qui requiert de produire beaucoup, malgré la raréfaction des terres, et cet objectif d’aller vers davantage de bio ?

S’il y a raréfaction des terres, c’est parce que la forêt gagne. C’est quelque chose que je vois très bien dans mon département. Est-ce une chimère d’aller vers le bio, tout en voulant garantir notre souveraineté alimentaire ? Ce serait le cas si nous avions un objectif total, c’est-à-dire basculer 100 % de la production française vers l’agriculture biologique, mais ce n’est pas l’objet, puisque l’objectif est de 18 % de surface convertie en bio. Or, l’important est aussi de répondre aux attentes des consommateurs.

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