Un croquis d'un immeuble

Immobilier 2021 : une dynamique en sursis pour la FNAIM.

IMMOBILIER

✍️ Par Nicolas MIGUET

La FNAIM vient de présenter son analyse sur le marché immobilier, en ce milieu d’année 2021, en indiquant que le marché du logement s’est montré une nouvelle fois particulièrement résistant, avec un volume de transactions en légère baisse, mais qui reste sur l’année 2020 au-dessus du million de ventes. De leur côté, les prix (arrêtés au 10 juin 2021) résistent, toujours soutenus par le niveau très bas des taux d’intérêt. Alors, quel impact aura eu la crise sanitaire et les confinements sur le marché immobilier ? Un changement des comportements et des attentes : les zones rurales et les villes moyennes se sont montrées les plus dynamiques et il y a eu, indéniablement, une ruée vers le littoral. Ce niveau élevé peut surprendre. Ce n’est pas forcément le ressenti le plus communément partagé, à cause de l’effet loupe de Paris, où les transactions ont chuté de 16 % depuis janvier 2020, alors que l’immobilier est resté dynamique dans les villes moyennes et les zones rurales.

Pour Jean-Marc Torrollion, président de la FNAIM : « Malgré les confinements, la situation économique incertaine, la pierre apparaît comme un investissement fiable et pérenne. L’immobilier, seul actif dont la volatilité est faible, se confirme comme une valeur refuge pour les Français. » Autre enseignement : la hausse des prix reste significative et, en valeur, les prix au 2e trimestre 2021 (au 10 juin 2021) se sont non seulement maintenus, mais ils ont poursuivi leur progression, à +5,1 %, alors que, parallèlement, l’inflation s’est établie à 1,4 %. C’est sur les maisons que la hausse apparaît la plus indicative, preuve du regain d’intérêt pour ces dernières depuis la crise sanitaire. À titre de comparaison, les prix au m² des maisons n’avaient augmenté que de 2,6 % au 2e trimestre 2020, et de 1,4 % au 2e trimestre 2019.


Paris décroche, les villes moyennes et la France rurale décollent.

La synthèse occulte de fortes disparités, en particulier entre la capitale et le reste du territoire. À Paris, les prix ont pour la première fois depuis plusieurs années connu un léger repli à -0,9 % (pour rappel au 2e semestre 2020, les prix sur Paris étaient en hausse de 6,4 %), et atteignent, pour les appartements, les 10 371 euros du mètre carré. En Île-de-France, la progression est de 3,5 %, à 6 377 € le mètre carré pour les appartements, et de 6,1 % à 3 566 € pour les maisons. En province, les prix progressent significativement aussi, de 5,7 % pour l’ensemble des biens. Tandis que dans les DOM (hors Mayotte), ils augmentent de 2,4 %, (contre 4,4 % sur la même période en 2020). Marqueur du changement concernant les attentes et les critères des Français concernant leur parcours immobilier, ce sont les zones rurales et les villes moyennes qui se montrent les plus dynamiques. Alors que les prix étaient en augmentation de « seulement » 0,7 % en zones rurales et 3,4 % pour les villes moyennes sur un an au 10 juin 2020, ils augmentent de 2,4 % pour les zones rurales et de 7,2 % sur un an au 10 juin 2021. Ce décrochage de Paris, par rapport à la France rurale et aux villes moyennes, est l’indicateur marquant de l’effet de la crise sanitaire sur le parcours immobilier des Français.


Simplifier l’investissement locatif.

Selon les chiffres compilés par la FNAIM, l’offre de logements à vendre est en baisse de 26 % sur six mois. La crise a marqué une inflexion à la baisse de l’offre dans les villes rurales et à la hausse à Paris. Cette pénurie est bien sûr valable sur le segment du neuf, où les constructions et mises en chantier observent une diminution continue depuis le T3 2018, mais également sur celui de l’ancien. Pour la FNAIM, le retour des investisseurs institutionnels sur le segment résidentiel, espéré par beaucoup, comme alternative, n’est pas sans soulever quelques interrogations. L’État peut-il raisonnablement compter sur eux au détriment des petits épargnants ? Sont-ils la solution au défi de la rénovation énergétique de logements éparpillés sur le territoire, et de lutte contre la pénurie de l’offre ? Dans ce contexte, Jean-Marc Torrollion indique que « la FNAIM appelle à une simplification de l’investissement locatif du particulier et le paysage réglementaire des bailleurs : elle met en garde sur l’impact du « permis de louer » et invite à réinventer le statut de bailleur privé locatif. »

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