Immobilier : la donne change.

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 9 juillet 2021 (numéro 1.097) : “Chine-Australie : la guerre commerciale dans le Pacifique Sud.”. Bonne lecture !!!

A Paris, la baisse est engagée. En Ile-de-France, dans les départements proches de l’Ile-de-France surtout dans la partie ouest, les prix de l’immobilier montent. C’est ce que l’on peut appeler « l’effet Covid ». De nombreux ménages se mettent à envisager de quitter la capitale pour acheter un logement plus grand en petite ou en grande couronne, à défaut de campagne, ou, lorsqu’ils trouvent des biens à acheter, se mettent directement vers la campagne, surtout lorsqu’il y a à moins de 10 km une gare permettant d’aller facilement à Paris, en une heure, une heure et quart, une heure et demie de train au maximum. Dans le Perche, les biens à vendre ont complètement disparu, il en est de même dans la région de Pacy-sur-Eure, dans le Vexin français.


A Paris, les cadres moyens s’en vont à leur tour.


Les employés et les ouvriers avaient totalement quitté Paris, les cadres moyens ont décidé de s’en aller à leur tour… Les bobos vont rester entre eux, les Parisiens (ils sont à peine 2 millions contre 2,4 millions il y a vingt ans) qui en ont la possibilité cherchent essentiellement des maisons franciliennes avec jardin ou terrasse, les prix ont augmenté de 9 % à 3.425 euros le m² entre les S1 de 2021 et de 2021, selon les chiffres publiés récemment par Century 21, un acteur important du marché immobilier. Là où il fallait presque trois mois pour trouver un acquéreur à son bien, il en faut à peine plus de deux désormais, et les négociations sur les prix sont assez courtes. Entre le S1 de 2020 et celui de 2021, les prix à Paris ont reculé, mais modestement, de -3,6 %. Ils restent à des niveaux très élevés, toujours au-dessus de ceux constatés en 2019. A l’intérieur du périphérique parisien, en moyenne, le mètre carré se négocie à 10.300 euros. Bien sûr, les volumes de transaction à l’intérieur du périphérique parisien sont au-dessus de ceux constatés au S1 de 2020, impactés par le confinement, mais ils sont en retrait de 20 % par rapport à la situation d’il y a deux ans, au S1 de 2019. Les finances de la ville de Paris vont en souffrir puisque les droits d’enregistrement rapportent à la ville, qui fait figure également de département.

De plus en plus de cadres supérieurs ont découvert qu’il y avait également des liaisons téléphoniques possibles en province, avec la généralisation de la 4G, avec, dans beaucoup de communes également, un Internet à débit satisfaisant, la fibre étant de plus en plus présente dans les cœurs de petites villes. En un an, dans les transactions parisiennes, la part des cadres supérieurs est tombée de 45 % environ des acquisitions à 41 % des transactions. La stratégie de rendre la ville de Paris irrespirable (#saccageParis), bruyante, totalement engorgée pour le trafic automobile aboutit à une désertification de la capitale, une accentuation d’un phénomène qui avait déjà été dessiné, du fait de l’arrivée des locations meublées touristiques (style Airbnb).


La fin des achats pour louer aux touristes.

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