Veolia + Suez : les pièges de la fusion.

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 25 juin 2021 (numéro 1.095) : “Premium et luxe, la bulle devient dangereuse.”. Bonne lecture !!!

Lorsque, la semaine dernière, nous avons choisi le sujet de l’étude de la semaine suivante, comme nous le faisons toujours avec une semaine d’avance, nous savions que l’actuel directeur général de Suez, M. Bertrand Camus, n’allait pas rester à la tête du Suez riquiqui qui était en cours de formation, dans le cadre des accords signés au mois d’avril entre Suez et Veolia. Il estime que son travail est fait, qu’il a défendu les intérêts des actionnaires de Suez, en se battant bec et ongles pour refuser la vente à Veolia. La vente est intervenue, sous réserve des autorisations de toutes les autorités concernées (approbation de cinq sur vingt pour l’instant), mais, du point de vue de l’actionnaire de Suez, il vaut mieux avoir un cours de 20 euros et plus que d’avoir un cours compris entre 10 et 12 euros, ce qui fut pendant très longtemps le triste sort de l’action Suez.


De la Lyonnaise des Eaux et la Générale des Eaux à Suez-Vivendi.


Issu de l’ancien groupe Lyonnaise des Eaux, dont le principal actionnaire était le géant diversifié Suez, le groupe Suez SA a longtemps figuré comme étant le numéro 2 mondial qui cherchait, à terme, à battre le numéro 1, Veolia Environnement, lui-même issu de Vivendi Environnement, entreprise qui prenait la place de la très ancienne Compagnie générale des Eaux. Dans le monde de la distribution d’eau, on parlait toujours, dans les contrats, de dispute entre la Lyonnaise et la Générale, que Suez et Veolia ne soient plus des concurrents ne s’imposait pas dans l’esprit commun. Même si Veolia Environnement est le numéro 1 mondial depuis très longtemps dans son secteur d’activité, il ne faut quand même pas oublier que sa part de marché est à peine de 3 %.

On est encore sur des bases dispersées, avec des champions nationaux, un peu partout dans le monde. L’actuel groupe Suez a à peu moins de 40 % de son CA réalisé dans la distribution d’eau potable et dans le traitement des eaux usées, un peu moins de 20 % dans le traitement des eaux au profit de clients industriels, une activité qui fut achetée assez cher, WTS. Le reste, soit environ 40 % du CA se situe dans la collecte, le traitement et la valorisation des déchets mais spéciaux. Autant la distribution et le traitement de l’eau potable c’est quelque chose de récurrent, avec une tendance légère à l’augmentation des volumes d’années en années, autant, pour la collecte et le traitement des déchets, la partie industrielle est fortement variable, et dépend de l’activité économique.


Veolia a tiré au bon moment.

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