Entretien exclusif avec l’ancien ministre de Nicolas Sarkozy et candidat à la présidence de la région PACA

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Thierry Mariani : « Je veux être un président respectueux de l’argent du contribuable. »

C’est le duel le plus médiatique de cette campagne des élections régionales : celui pour la présidence de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur entre Thierry Mariani et Renaud Muselier. Thierry Mariani est sans doute celui qui connaît le mieux la région dans ses détails, puisqu’il a été député du Vaucluse et maire de Valréas pendant plusieurs mandats. Selon l’étude réalisée par la fondation IFRAP sur la gestion des régions, le bilan de la gestion Muselier est largement décevant : la région PACA est la deuxième la plus endettée par rapport à son nombre d’habitants. Par ailleurs, c’est aussi l’avant-dernière région de France dans le classement comparant la qualité des services publics et l’impôt sur le revenu par habitant. Autant dire que le « rapport qualité-prix » est décevant.


L’Hebdo-Bourseplus : On entend souvent Renaud Muselier déclarer dans ses interviews que vous avez beaucoup changé en évoluant vers le RN. En réalité, n'est-ce pas plutôt Les Républicains et Renaud Muselier qui ont évolué vers la gauche ?

Thierry Mariani : Je n’ai jamais changé de convictions. Le parti auquel j’avais adhéré en 1976 n’a plus rien à voir avec son héritier. Donc, Les Républicains n’ont plus rien à voir avec le RPR. Aujourd’hui, c’est devenu un parti qui, petit à petit, s’apprête à être simplement le supplétif de Monsieur Macron. Monsieur Muselier a simplement un peu d’avance car, alors qu’il aurait dû faire des accords au second tour, il les a accélérés. Dans toute la France, les notables des Républicains, au grand désespoir des militants sincères, se rapprochent à grands pas d’En Marche.

Il suffit de voir Monsieur Xavier Bertrand qui expliquait qu’il était en opposition radicale à En Marche et qui, la semaine dernière, a appelé à voter pour la candidate d’En Marche aux élections législatives partielles. Je n’ai pas changé. Je vous rappelle que je me suis toujours clairement classé à droite.

J’avais créé en juillet 2010 La Droite Populaire, dont l’objectif était de stimuler Nicolas Sarkozy pour qu’il respecte ses promesses de campagne, parce qu’à l’époque il avait un peu trop forcé sur l’ouverture en ayant tendance à oublier certaines promesses de campagne. J’ai quitté Les Républicains, parce que ce parti n’a plus rien à voir avec le RPR. Monsieur Muselier, Monsieur Estrosi et Monsieur Falco, qui sont les trois notables de la région, sont depuis deux ou trois ans « en marche » vers Macron. C’est flagrant pour Monsieur Estrosi, qui ne s’en cache pas, puisqu’il appelle carrément à voter Emmanuel Macron dès le premier tour. Pour Monsieur Falco ou Monsieur Muselier, ce sont maintenant des choses qui, désormais, éclatent au grand jour.

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