Un acteur majeur de la data vocale lève 4,7 millions.

LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Karel Bourgois, président du VoiceLab : « Notre objectif est d’avoir 100 000 heures de données en langue française d’ici à cinq ans. »

La donnée vocale est un enjeu majeur pour l’avenir, en termes de sécurité et de confidentialité, mais aussi parce que la voix sera l’une des interfaces principales de communication du futur. Une maîtrise économique de ce canal est primordiale afin de garantir la souveraineté des acteurs français et européens. L’association française dédiée à la voix, Le Voice Lab, franchit une étape majeure dans le développement d’une offre vocale indépendante, grâce à l’obtention d’une aide de 4,7 millions de la BPI. Lauréat du Programme d’Investissements d’Avenir (PIA) et de l’appel à Projet « Mutualisation de moyens au service des filières et plateformes numériques de filières », Le Voice Lab a pour objectif de contribuer au développement d’une « Data Marketplace de services vocaux » et de favoriser la mutualisation de données vocales à l’échelle nationale. L’Association est née en 2019.

Elle regroupe des acteurs académiques, privés et publics, et sa mission principale est de garantir une offre riche et compétitive en proposant des produits et des services en propre, ainsi qu’en référençant les « pures players », afin de favoriser la diffusion de cette technologie et son adoption. Pour enrayer le fossé qui commence déjà à se creuser entre les géants du numérique et les autres acteurs, une seule méthode : se regrouper pour définir de nouveaux modèles, proposer des alternatives et une offre complète dans le domaine de la voix. En effet, c’est le volume de données qui est déterminant quand il s’agit d’entraîner et d’enrichir les systèmes basés sur l’intelligence artificielle. Enfin, c’est la facilité d’accès aux services et la sécurité des données qui déterminent la confiance du marché pour accélérer l’utilisation des outils basés sur la voix.


L’Hebdo-Bourseplus : Votre association permet de mutualiser les données pour favoriser la recherche autour de la voix et permettre à de grands acteurs français d’émerger. Pouvez-vous nous présenter le Voice Lab ?

Karel Bourgois : L’association regroupe des acteurs de l’économie de la voix : donc, il y a des start-up, c’est-à-dire des sociétés qui sont dans la technologie vocale, mais aussi des laboratoires qui sont dans le domaine de la recherche autour de la voix et de la synthèse vocale, et également un certain nombre de sociétés qui ont des problématiques liées à la voix et qui souhaitent participer à l’émergence d’un écosystème riche dans ce domaine en France. Nous espérons ensuite déployer notre technologie au niveau européen, mais l’idée est bien de fédérer l’écosystème de la voix en France en Europe.

Au départ, nous faisions le constat que nous sommes dans un écosystème très fragmenté, avec beaucoup d’acteurs de petite ou de moyenne taille, mais nous n’avons pas de gros acteurs majeurs, comme c’est le cas aux États-Unis ou en Chine, et cela pose un certain nombre de problèmes. Nous venons de recevoir une aide de la BPI (Banque Publique d’Investissement) pour travailler autour de la donnée, parce qu’il manque des données de qualité, en langue française, permettant justement de créer des technologies en langue française.

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