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La hausse du secteur du luxe cache la forêt
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
Le bitcoin a perdu plus de la moitié de sa valeur mais les marchés financiers ont à peine essuyé un accès de volatilité, passager semble-t-il. Ils sont déjà revenus dans la zone de leurs plus hauts historiques à part le Nasdaq qui bataille un peu plus pour regagner le terrain perdu et surtout son leadership en tant que locomotive des places boursières. A la Bourse de Paris, l’indice Cac 40 GTR bat également des records historiques. Pour mémoire, cet indice réintègre les dividendes distribués dans son calcul et de ce fait, il est comparable avec le Dow Jones et le Dax. Globalement, l’euphorie domine toujours sur les marchés boursiers et dans le même temps, les liquidités surabondantes ont tendance à aller se cramer sur l’autel de la spéculation haussière excessive. Pour acheter encore des titres, les investisseurs doivent mettre beaucoup plus d’argent qu’avant, de plus en plus et cela a des limites mécaniques, celles des liquidités encore disponibles.
Or, ils sont de plus en plus nombreux à avoir recours à l’effet de levier du crédit en gageant leurs titres détenus en portefeuilles à titre de couverture. Cela augmente l’exposition au risque bien au-delà du raisonnable. Dans ces conditions, la chute du bitcoin est loin d’être anecdotique car les spéculateurs imprudents qui se sont fait prendre au piège avec de l’effet de levier se retrouvent dans une situation très difficile et doivent vendre du titre ferme (souvent du Nasdaq en raison de la typologie de ces intervenants) pour rester en jeu et « tenter de se refaire ». La plupart ont une approche « Casino » des marchés financiers car ce ne sont pas de vrais investisseurs mais des spéculateurs-flambeurs. Disons que la source de carburant la plus récente pour alimenter les achats a du sérieux plomb dans l’aile. On constate quand même que les algorithmes de trading et es robots continuent d’acheter à l‘occasion du moindre repli des indices. Ils continuent globalement à gagner de l’argent le plus souvent sur le dos des vendeurs à découvert sur les contrats de « futures » indiciels. Ces derniers sont obligés de racheter des positions au fur et à mesure que les marchés montent pour limiter leurs pertes et alimentent ainsi le flux acheteur. Le risque central et inévitable dans ce type de marché à sens unique c’est la disparition potentielle et brutale des acheteurs du jour au lendemain, ce qui aboutirait à un krach violent.
La première partie des acheteurs disparait avec les pertes subies sur les bitcoins, les vendeurs à découvert étrillés n’osent plus s’attaquer au marché à la vente donc n’auront pas grand-chose à racheter demain. Quant aux robots et autres algos, ils passeront vendeurs dès qu’ils détecteront des signaux baissiers tangibles, ce qui n’est pas encore le cas actuellement dans la plupart des modèles utilisés. Seuls, les investisseurs finaux et sérieux auront conservé leurs capacités d’achat mais comme ils sont expérimentés, ils attendront comme toujours le retour à des prix beaucoup plus bas pour revenir à l’achat. Il y a enfin les fonds réglementés qui ont l’obligation d’être investis à hauteur d’un seuil élevé (75 % ou plus en actions) qui se préparent en se reportant sur les secteurs et les valeurs qui leur paraissent être en mesure de supporter les grosses turbulences à venir. En France, ils concentrent leurs capitaux sur les valeurs du luxe principalement et quelques solides industrielles. Cela contribue fortement à donner une apparence haussière au marché parisien à travers le Cac 40, mais derrière, le reste de la côte ne suit plus le mouvement. Sur le plan technique, l’indice Cac 40 tente d’aller contacter la ligne de résistance ascendante majeure à très long terme passant désormais aux alentours de 6.500 points. Toutefois, les cours semblent plafonner légèrement en dessous, soit vers 6.420 à 6.430 points. L’écart n’est pas si énorme et en tous cas très insuffisant pour prendre le risque de le réaliser.
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