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Inflation : l’inégale “vague de retour” sur les matières premières.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 28 mai 2021 (numéro 1.091) : “Pétrole : stratégie de moyen et long terme.”. Bonne lecture !!!
Puces, matières premières : des pénuries qui tombent à pic ? L’inflation, on en reparle. Il ne faut pas oublier que les périodes de forte hausse de prix concernant les matières premières suivent, le plus souvent, des périodes de baisse dont on avait beaucoup moins parlé. Le marché des matières premières est un marché très cyclique. Lorsque l’on a une demande moindre, la concurrence s’exacerbe, les prix baissent, et les producteurs de matières premières, qu’il s’agisse des sociétés minières ou des exploitants agricoles ont tendance à ne plus fabriquer ou extraire ce qui est moins rentable, voire déficitaire. Les champs passent à autre chose, les plantations basculent du caoutchouc vers l’huile de palme… Du blé dur on passe au maïs, qui servira à fabriquer de l’éthanol, un additif pour le carburant, ou pour tout autre usage.
L’extraction minière, fruit de lourds investissements.
Dans l’extraction minière, il faut savoir que la mine, le plus souvent, c’est un très lourd investissement. Non seulement il faut installer de très coûteux matériels d’extraction sur le site minier, mais, la plupart du temps, il faut construire quelques centaines de kilomètres de voies ferrées afin d’amener le minerai extrait vers un port, d’où il sera transporté en direction de l’endroit où le minerai deviendra du fer, du cuivre, ou tout autre métal. Ce sont des investissements très lourds qui ne peuvent être financés que lorsque les sociétés minières disposent d’une trésorerie forte, voire pléthorique. Lorsqu’une mine entre en exploitation, elle connaît une certaine montée en puissance puis une production en plateau, et enfin, une production descendante, cela s’appelle l’attrition. Il en est de même pour les gisements de pétrole.
Au début, chaque forage permet de récupérer facilement de l’huile, puisqu’il y a une forte pression, ensuite il faut injecter un mélange dans le sous-sol de manière à continuer à garder une certaine pression, à la fin, lorsqu’il n’y a presque plus rien à récupérer facilement, on abandonne l’exploitation du puits pétrolier, alors qu’il reste encore entre 60 et 70 % de pétrole à l’intérieur de la poche, le plus souvent. Pour en extraire davantage, il faudrait mettre en œuvre des technologies plus sophistiquées, avec notamment un système de réchauffage du gisement, afin d’augmenter la pression et de recommencer à récupérer de l’huile, cela n’est pas toujours facile et cela n’en vaut pas le coup surtout si le prix du baril baisse.
Puces “pour automobiles” ?